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    ne rien faire sur cet article !!!

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    90% !

    92 % !!

    Qui va dire mieux ?

    Qui va avoir l'audace d'affirmer : 99,99% ?

    Sottise sur sottise, pourquoi pas ?

     

    Et quelle belle programmation !

    Pour l'industrie pharmaceutique, c'est le jack pot qui se rapproche.

    Mais c'est vraiment méconnaitre ce qu'est la santé d'un corps vivant.

     Comment peut-on imaginer dès aujourd'hui de tels taux d'efficacité et avec une telle précision, pour un vaccin qui n'existe pas encore ?  Si son niveau d'efficacité est celui du vaccin anti-grippe, il fera au mieux 15% : entre 15 et zéro %, selon les années.

    Car proposer un chiffre précis, c'est oublier que les virus varient sans cesse , en modifiant leur mode d'attaque, et que chaque année la mise au point d'un nouveau vaccin est de ce fait indispensable, sans aucune certitude pour savoir s'il sera efficace.

    Quant à imaginer les risques que ces vaccins vont faire courir à ceux qui les recevront ... sans importance ! Le "principe de précaution" est une notion complètement abandonnée quand il s'agit de pratiques capables de générer des profits énormes. 

    Mais là n'est pas le plus grave.

    On nous dit et on nous répète que nous n'avons aucune arme pour nous défendre contre ce nouveau virus, aucun moyen de nous défendre, et que la seule façon de faire est la fuite, de nous cacher derrière des petits carrés de tissus, de nous enfermer chez nous. 

    Or ce n'est pas vrai : c'est oublier qu'en nous existe un " système immunitaire ", c'est-à-dire toute une organisation qui a pour charge de repérer tout élément dangereux qui pourrait pénétrer dans notre corps ou y apparaitre, comme des bactéries ou des virus, ou des cellules cancéreuses, et de mettre en jeu toute une panoplie d'armes cellulaires ou chimiques capables de les éliminer. 

    Au lieu de nous rappeler cela, que nous sommes capables de nous battre, on ne nous parle que de la fuite, et on fait grandir l'espoir démesuré d'un vaccin qui seul va pouvoir nous sauver.

    Pourquoi ne nous dit-on pas plutôt que nous disposons en nous de ce qui est nécessaire pour triompher des attaques éventuelles d'un virus ? 

    Certes il peut se faire que notre système immunitaire soit faible, et il convient alors de tout faire pour le requinquer.  C'est vrai en particulier pour les personnes âgées. Ou pour d'autres raisons. Le danger est grand dans ce cas que nous ne puissions triompher d'une attaque par ce nouveau virus, ou pour tout autre attaque.

     

    Cela nécessite d'être dit, rappelé, afin que chacun se sente responsable de lui même, et capable de faire le nécessaire. Au lieu de nous faire croire à notre impuissance totale, ce qui ne nous laisse que la possibilité de placer notre unique espoir dans un vaccin-sauveur, d'attendre passivement  la venue de cette sorte de messie qui va nous venir d'Amérique, ou de Chine, ou de Russie.

    Le plus grand danger est de devenir des êtres passifs, apeurés, démoralisés, et prêts à accepter tout ce qu'on voudra bien leur faire.

    Mieux vaudrait comprendre que nous avons le pouvoir de nous défendre et de faire tout le nécessaire pour que notre "système immunitaire" soit à la hauteur.

     

    Comment peut-il  être à la hauteur, ou le redevenir ?

    Au moins trois conditions.

     

    Une condition morale, spirituelle : croire d'abord que nous en sommes capables ! Si on n'est pas persuadé de cela, si on a le moral dans les talons, alors on est foutu ! C'est un point capital.

     

    Une condition touchant notre mode de vie : vaste sujet qui demanderait de longs développements.

     

    La troisième condition est de prendre les aliments, ou à défaut les compléments alimentaires nécessaires pour nous défendre. Je vous ai déjà parlé de la vitamine C, indispensable. Mais qui parmi vous prend de la vitamine D ?

    Si vous en prenez tous, et en quantité suffisante, alors je n'ai rien à vous apprendre. Et je vous vois comme je vois ce jardin.

     

    - 90% ... ah moi : 92% ! ... qui va dire mieux ? -

                                                                                               merci Mari jo

     

    Si vous n'en prenez pas, je suis pratiquement sûr que vous en manquez. Alors vous êtes en danger. 

     

    Qu'en est-il pour chacun de vous ?

     

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     L'automne serait-il un nouveau printemps ?

     

    Cette question surgit quand on voit les fleurs de dahlia se multiplier

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

    comme elles n'avaient pas réussi à le faire à l'époque où on les attendait : au printemps.

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

    Et comme ce sont cette année presque mes seules fleurs, je leur rends souvent visite, et les félicite   ....

     

    D'autres plantes que je croyais perdues font leur réapparition. Ainsi cette plante sauvage, venue toute seule dans mon jardin, et que l'on nomme parfois "cresson de jardin"

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

    car elle fait partie de la même famille que le cresson et a une saveur voisine. Comme c'est une plante bisannuelle je la laisse profiter et se fortifier (en ne lui chipant que très peu de feuilles)  et l'an prochain elle va former de grandes hampes florales, puis des graines, que je sèmerai avec soin, car j'adore son piquant si particulier, aussi bien dans les soupes que dans les salades. 

    Première récolte donc au plus tôt fin 2021.

     

    Une autre plante qui est revenue, jaillissant du sol comme un geyser dans le parc de Yellow Stone, c'est l'artichaut :

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

    Je le protègerai avec des feuilles mortes avant que le gel n'arrive.

     

     

    La seule partie de mon ancien jardin que j'ai pu réhabiliter jusqu'ici est l'espace occupé par mes deux serres. Autour je me contente en ce moment simplement de nettoyer.

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

    Sous les serres (maintenant ouvertes) j'ai semé des graines de laitue (semences que j'avais récoltées en été 2019) et de mâche.

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

    Les laitues poussent drues

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

    et apparaissent les petits plans de mâche (on les aperçoit en bas et à gauche par exemple) mais pas encore assez développés pour être récoltés. Beaucoup sont cachés par les laitues, très serrées.

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

    Aussi je commence à arracher chaque jour des pieds de laitue... pour m'en faire de la salade midi et soir, et elles sont évidemment super tendres. Cela va dégager la mâche, et en plus ... cela me permet de replanter des laitues, et voici comment.

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

    je coupe les feuilles (qui me feront de la salade) et je garde précieusement les petits pieds avec la base de la plante et les racines

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

    ( à gauche ce n'est pas une laitue mais une chicorée scarole, que je vais également replanter. En bas et à gauche ce sont des pousses de menthe sauvage qui iront dans la salade mais aussi la soupe )

     

    Replantation immédiate des petits pieds ( ainsi "habillés" comme disent les jardiniers )

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

     

    et arrosage abondant

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

     Oh je ne veux pas vous quitter sans vous remontrer un dahlia "pompon orange", beau comme un petit soleil.

     

     

     -  L'automne serait-il un nouveau printemps ? -

     

     

    Bon mois de novembre pour vous tous !

     

     

    ***

     

    Je n'ai pas oublié que je dois vous reparler de la vigne de Madère

    mais ce sera pour la prochaine fois. Bises.

     

     

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    Bonjour !

     

    Aujourd'hui pluie incessante.

    J'aime la pluie, je l'adore même,

    mais je ne travaille pas dehors s'il pleut !

    Alors je reviens vers vous après vous avoir abandonné pas mal de jours

    (durant lesquels j'ai retrouvé avec un grand plaisir le monde des plantes).

     

    Et justement c'est ainsi que j'ai retrouvé...

    la vigne de Madère.

    J'en avais planté en trois endroits : dans mes deux serres, et dans une véranda. Mais la forte chaleur estivale et ma défaillance bien trop longue qui les avait totalement privé d'eau depuis février avait provoqué leur total dessèchement.

    Mortes ? En apparence oui. Mais l'eau enfin revenue vers leurs racines rhizomateuses et tubéreuses les a ramené à la vie. Quelle joie de voir renaitre et prospérer ces trois pieds !

     

     

    - Connaissez-vous la vigne de Madère ? -

     

    à droite des feuilles de consoude (qui partout foisonne)

    au centre : la vigne de Madère qui a jailli du sol

    à gauche et en haut on aperçoit 5 pieds de mâche (encore petits)

     

     

    Ici , la croissance de cette "vigne" est encore limitée, car mes serres sont maintenant inaptes à être fermées (plastique la recouvrant brûlé par le soleil), car je dois vous dire que cette plante est une liane qui aime à la folie la chaleur, mais aussi l'humidité. C'est pourquoi elle prospère à Madère comme partout dans les zones tropicales humides où on l'a introduite, au point d'y être considérée comme envahissante. Ses racines tubéreuses sont capables d'une grande résistance. 

    Chaleur et humidité, c'est ce qu'elle trouve maintenant dans ma véranda, et là elle grandit avec une vivacité étonnante, comme si elle voulait rattraper le temps perdu ! 

    Si vous avez été à Madère (ou ailleurs), l'avez-vous vue ? Il parait qu'elle peut monter à 6 ou 7 mètres, et même plus. Elle fleurit (en fin d'été sous nos climats) avec de petites grappes blanches et odorantes. 

     

    - Connaissez-vous la vigne de Madère ? -

     

     

    Pourquoi suis-je si content de son retour ? 

    La raison en est que c'est une plante très mucilagineuse dans toutes ses parties et donc dans ses feuilles, en forme de coeur, qui sont comestibles : épaisses, charnues et tendrement croquantes.

    Il parait que dans les pays où elle prospère elle est mangée cuite comme des épinards. Mais là il faut vraiment aimer le "gluant" !

    Moi je me contente d'en mettre une poignée de feuilles dans à peu près toutes mes salades (laitues, endives, concombres, et autres) auxquelles elle donne un moelleux très agréable. 

    Elle communique ce même "moelleux" aux soupes.

     

    Et c'est pourquoi je vous en parle, car elle est en fait très facile à cultiver si vous avez une serre bien sûr, mais une véranda fait aussi parfaitement l'affaire. Ou dans un pot derrière une fenêtre.

    Pousserait-elle dans le midi ? La chaleur lui conviendrait, mais peut-être pas la sécheresse de l'air ! 

     

    Quel est donc l'intérêt de sa culture ? 

    Et bien c'est le fait qu'elle est une plante très " Mucilagineuse " et que cela peut la rendre très intéressante pour la santé.

    Ce dont je vous parlerai une prochaine fois si le jardin m'en laisse la possibilité. Cela dépendra peut-être à nouveau de la pluie !

     

    Bonne santé et bonne fin octobre à tous.

     

    ***

    Précisions botaniques :

    Cette plante est originaire du Pérou  et de l'Equateur.

    son nom latin est Boussingaultia Baselloïdes,  en l'honneur je crois d'un botaniste qui s'appelait Boussingault. Baselloïde signifiant "à feuilles de baselle", la baselle étant le nom d'une autre plante grimpante tropicale.

     

    *** 

     

     

     

     

     

     

     


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    C'est le souvenir d'un conte dit par Monique à " la péniche " le 21 mai 1987  

     

    *

     

    C'était un petit garçon qu'on n'avait jamais vu rire.

    Tout bébé déjà il ne riait pas,

    même quand un rayon de soleil se posait sur son nez,

    même quand un chat faisait une pirouette devant lui.

    Sa mère pourtant lui avait lu des comptines.

    Ainsi celle du lièvre qui vient manger de l'herbe dans le petit pré qui est au fond de la main, puis se sauve à travers la barrière des doigts et va se cacher dans un trou, celui du nombril, qu'alors la mère chatouillait de son doigt.

    Non, là même il ne riait pas. Il semblait regarder sa mère avec une sorte de tendresse, d'indulgence, mais il ne riait pas.

    Quant à son père, il ne voulait pas lui parler, car il avait l'impression de passer devant un tribunal.

     

    Devenu plus grand, il ne jouait pas avec ses camarades, qui eux se couraient après, criaient, se battaient, grimpaient aux arbres, déchiraient leurs vêtements. Lui les regardaient d'un regard sérieux.

    A l'automne; quand les premiers froids arrivaient, il voulait que son père fasse rentrer tous les oiseaux dans la grange,  pour qu'ils n'aient pas froid. Ni faim. Il ne comprenait pas que les oiseaux avaient besoin de liberté. Il avait un oiseau dans une cage et le soignait avec beaucoup d'attention.

     

    - Une soupe un peu particulière -

     

     

    Noël est arrivé Sa mère est allée au marché. Elle avait décidé d'acheter des oranges, très précieuses en ces temps là, car elles étaient rares, et on ne les achetait que pour les fêtes. Elle pouvait alors en acheter car elle avait fait toute l'année de la dentelle, le soir, à la flamme d'une bougie, et avait pu ainsi faire quelques économies.

    Mais ensuite elle a réfléchi, hésité ... était-ce la peine ?

    Son garçon refuserait peut-être de les manger ?

    Pendant qu'elle réfléchissait, une femme étrange s'est approchée d'elle et lui a dit : " J'ai quelque chose pour votre garçon, tenez, c'est un grain de folie. S'il le garde sept années, il sera guéri  ".

    Et elle lui a donné un cordonnet qui passait dans une perle, une sorte de perle grise. La mère a pris le cordonnet, l'a regardé, s'est demandé si elle devait le prendre, mais quand elle s'est retournée, la femme avait disparu. 

     

    A Noël, dans le sabot du garçon, il y avait un collier.

    Il l'a pris et l'a mis à son cou.

     

    Et là tous ont été stupéfaits ! 

    Car il a éclaté de rire ! Il s'est mis à danser, à tirer sur les vêtements de sa mère, sur la queue du chat, à grimper sur son père. Il a été vers la cage de son oiseau et a ouvert la cage, et l'oiseau s'est sauvé de la cage. Alors il a ouvert la fenêtre et l'oiseau est parti dehors.

     

    - Une soupe un peu particulière -

     

     

    Lui aussi est sorti dehors et a rejoint les autres garçons. Il est revenu et s'est mis à réciter à haute voix les comptines qu'on lui avait dites. Puis il est ressorti à nouveau.

    Quand il est rentré le soir, il était sale, et ses vêtements déchirés. Il a avalé la soupe et est parti se coucher. Il était devenu comme un ouragan, et ses parents ouvraient des yeux ronds comme des oeufs sur le plat, tellement ils étaient étonnés. Le lendemain il a avalé son petit déjeuner et il est sorti. La neige couvrait le sol ce matin là. Il a marché en lançant des boules de neige.

    C'est alors qu'il a trouvé  ...  son oiseau. Son oiseau était gelé, mort de froid. Il en a été bouleversé. Il l'a mis contre lui pour le réchauffer, et ... et voilà qu'il n'était pas mort, seulement gelé : la chaleur l'a fait revivre. Le garçon a compris que peut-être, cet oiseau là, il valait mieux le laisser dans sa cage, car il ne pouvait pas supporter le froid.

    Il a remis l'oiseau dans sa cage.

     

    Pendant sept années il a gardé le collier.

    Au bout de sept ans l'oiseau est mort.

    Et la perle s'est brisée en mille petits morceaux.

    Mais lui était devenu un garçon plein de joie,

    et aussi plein de sagesse.  

     

     

     

    - Les effets d'une perle grise -

     

     

     

     

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    Voici bien longtemps déjà, et bien loin d'ici, vivait un roi qui avait tout pour être heureux, car il avait pour fille la plus belle fille que le soleil ait jamais vue et admirée.

    Et pourtant il n'était pas heureux, car sa fille jamais ne parlait, jamais ne riait ni même ne souriait.  

    Sa fille était la princesse Tizis.

     

     

     

    - La princesse Tizis -

     

     

     

    Ce roi avait fait venir tous les devins, tous les astrologues et tous les médecins de son royaume pour savoir pourquoi, mais jamais aucun n'avait réussi à lui dire les raisons de cette étrangeté.

    Un vieux médecin l'avait toutefois pris par l'épaule, et lui avait dit à l'oreille : " Oh roi, à mon avis ta fille souffre du mal d'amour. Tu devrais la marier, parce qu'au moins, si elle ne guérissait pas, ce serait son mari qui en aurait la charge, ce ne serait plus toi ! "

    Le roi s'était rangé à cette sage raison et avait fait publier dans toutes les villes et dans tous les villages de son royaume l'avis qu'il donnerait sa fille, la princesse Tizis, à qui saurait la faire rire et parler.

    Aussitôt étaient accourus tous les princes du royaume et des royaumes alentours. Et ces princes avaient déployé, aux pieds de la princesse, leurs trésors les plus époustouflants, déclamé les poèmes d'amour les plus magnifiques, fait jouer leurs fifres, leurs pitres, leurs jongleurs, leurs comédiens, leurs musiciens, et conter leurs conteurs. La princesse Tizis avait tout écouté, tout regardé, puis elle s'était tournée vers la fenêtre ouverte, avait contemplé au loin la cime neigeuse des montagnes et les nuages voyageant dans le ciel. Puis elle avait baillé. Et tous, même les plus riches princes du royaume, s'en étaient retournés d'où ils étaient venus.

    Alors étaient venus au palais les plus riches marchands du royaume et des royaumes voisins,  et ils avaient fait ouvrir aux pieds de la princesse leurs coffres remplis de bijoux et de tissus rares, récité eux aussi des poèmes d'amour, présenté eux aussi tous leurs artistes les plus talentueux. La princesse Tizis avait à nouveau tout écouté, tout regardé, puis elle s'était tournée vers la fenêtre ouverte, avait contemplé au loin la cime neigeuse des montagnes et les nuages voyageant dans le ciel. Puis elle avait baillé. Et tous, même les plus riches marchands, s'en étaient retournés d'où ils étaient venus.

     

    Mais à l'instant même où le dernier marchand tournait ses talons d'or  et quittait le palais, au loin, dans le village d'une vallée perdue, un jeune homme apprenait la bonne fortune qui était promise à qui saurait faire rire et parler la princesse Tizis. Alors il se dit  " Pourquoi pas moi ? La moisson est rentrée, je n'ai plus de travail, je vais tenter ma chance ! " Et il se mit en route vers le palais.

     

    La route était longue. Un jour il rencontra une étrange vieille femme qui lui demanda où il allait.  " Je vais au palais du roi pour essayer de faire rire et parler la princesse Tizis, mais je n'ai guère d'espoir car, à mon avis,  la princesse est tout simplement muette  -  Muette, la princesse Tizis ? lui dit la vieille femme, mais pas du tout !  Elle est loin d'être muette, mais elle est subtile, intelligente et tellement sensible. Et je sais moi pourquoi elle ne parle et ne rit jamais. Je le sais, et toi, tu veux le savoir ? -  Ah oui je veux bien le savoir ! - Alors écoute moi bien " dit la vieille. 

    " Ecoute moi bien, car ce que j'ai à te dire est grave et profond. Autre fois, dans une autre vie, la princesse Tizis vivait dans le corps d'une tigresse.  Un jour elle vit son compagnon, le tigre, tué par des chasseurs. Elle en est morte de chagrin.

     

     

    - La princesse Tizis -

     

     

    Alors elle est revenue une deuxième fois à la vie, dans le corps d'une perdrix. Elle a fait son nid dans un champ. Un jour néfaste parmi les jours néfastes, les paysans ont mis le feu à ce champ, et elle est morte étouffée dans les flammes, avec ses petits qu'elle n'avait pas voulu quitter, et son compagnon lui aussi est mort dans ces mêmes flammes en voulant lui porter secours.

     

     

     

    - La princesse Tizis -

     

     

    Alors elle est revenue une troisième fois à la vie dans le corps d'une alouette, et cette fois elle a fait son nid entre deux pierres d'une digue. au bord d'une rivière. Un jour des enfants, des enfants qui passaient par là, des enfants turbulents comme sont tous les enfants, l'ont capturée, et elle est passée de poings en poings, et comme ça ils l'ont étouffée. Sn compagnon lui aussi est mort étouffé par les mêmes poings, en voulant lui porter secours. 

     

    Alors elle est revenue une quatrième fois à la vie, mais cette fois dans le corps de la princesse Tizis, où elle est aujourd'hui. Et si elle ne parle ni ne rit, c'est qu'elle se souvient de la cruauté des hommes. Elle ne veut rien avoir à faire avec eux. "

    Ainsi parla la vieille femme, puis elle brandit son bâton comme cela, en signe d'au revoir, et elle reprit son chemin. 

     

    Le jeune homme resta là, tout pensif. Si pensif qu'il ne vit même pas la vieille s'éloigner. Il fut assailli d'images, d'images infiniment lointaines, plus lointaines que sa vie elle-même ... ... un tigre, tué par des chasseurs ... ... une perdrix, volant éperdument vers un champ en feu ... ... une alouette étouffée par des mains d'enfants ... ...

    Alors il s'est souvenu... 

    Il est resté si longtemps perdu dans ses images que, lorsqu'il est revenu à la réalité des choses, la vieille n'était plus qu'un point minuscule perdu entre rocs et buissons.

    Alors il a repris son chemin vers le palais de la princesse Tizis. Il y est arrivé au soir tombé. La princesse Tizis était justement là, devant sa porte, occupée à tisser une couverture de laine bleue. Elle n'a même pas levé les yeux quand il est arrivé. Mais le jeune homme lui a dit :

    " Fille de roi, toi qui ne daigne pas me regarder, écoute-moi.

     

    Autrefois je fus un tigre, et les chasseurs m'ont tué, et ma compagne en est morte de chagrin. Alors je suis revenu une deuxième fois à la vie dans le corps d'une perdrix mâle, et un jour j'ai vu ma compagne périr dans un champ en feu. J'ai voulu lui porter secours, et je suis mort moi aussi dans ces mêmes flammes. Alors je suis revenu une troisième fois à la vie dans le corps d'une alouette mâle, et un jour j'ai vu ma compagne prisonnière de poings d'enfant, j'ai voulu lui porter secours, mais que pouvait le petit oiseau que j'étais ? Je suis mort moi aussi étouffé par ces mêmes poings.

    Alors je suis revenu une quatrième fois à la vie, dans le corps d'homme où tu me vois, mais moi, à la différence de toi, dans ce corps d'homme où tu me me vois, moi, j'ai décidé d'être heureux.

    Et voici qu'aujourd'hui je t'ai retrouvée ! "

     

    Ainsi parla le jeune homme.

     

    Alors la princesse leva ses yeux vers lui. 

    Un imperceptible sourire illumina son regard.

    Elle se leva, lui tendit la main,

    et l'entraîna vers le palais.

     

     

     

    - La princesse Tizis -

     

     

     


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