• - Conte : la fillette et l'oiseau -

     

     

     

    - Conte : la fillette et l'oiseau -

     

    J'ai retrouvé ce petit conte (taoïste) dans les notes que m'a confiées Dominique (merci !).

    Il fut raconté "à la péniche" le 12.02.1987 par notre amie "Patine" (nous la surnommions ainsi) qui faisait partie de notre groupe de conteurs amateurs. Je suis ému en le reproduisant ici car elle nous a "quitté" depuis. Bien sûr vous ne la connaissez pas mais j'avais envie de la saluer en la nommant. Et  de saluer aussi Fabienne (elle conteuse professionnelle) qui était notre "professeur" (!) et demeure notre amie.

     

    C'était l'hiver.

    Le ciel était gris et triste.

    Une fillette regardait les champs au travers de la fenêtre et elle se sentait triste aussi, puisque le monde lui même était gris et triste.

    Puis elle s'est demandée pourquoi elle, elle n'était pas heureuse.

     

    C'est alors qu'est venu dans le ciel, d'un vol majestueux, un oiseau de toute beauté : c'était une grue de Paradis ! 

     

    - Conte : la fillette et l'oiseau -

     

    Et voici que du bout de son aile, cet oiseau a poussé un gros rocher.

     

    Oh, comment est-ce possible ?

    Elle n'en revenait pas, et ne se lassait pas de le regarder.

    La nuit étant venue, elle a rêvé.

    Elle a rêvé que deux grues venaient vers elle, et elle leur a dit :

    " Apprenez-moi votre secret !

    Comment faites-vous pour vous déplacer avec tant de grâce, tant de légèreté, tant de beauté, et tant de force aussi ?

    - Si tu veux le savoir, viens avec nous!

    - Oh oui je le veux bien ! "

    La matin, quand elle s'est réveillée, elle était dans un nid. Et elle a vécu avec les oiseaux, a appris à se déplacer avec élégance.

    Un jour, buvant du thé, et regardant dans la tasse, elle a vu que dans son pays, il y avait la guerre.

    Et ce qu'elle a vu était horrible

     

    Alors là, elle a vraiment compris ce qui fait  la beauté  des oiseaux !

     

    ***

     

    Un mot sur "la péniche". C'était une vraie péniche, amarrée au quai Montebello, c'est-à-dire juste en dessous de Notre Dame. Nous nous y retrouvions à 21 H, ce qui veut dire que nos rencontres ne se terminaient pas avant minuit. Une fois rentré chez moi, j'ai dû prendre des notes sur un bout de papier de ce qui me revenait de ce conte, et il est bien possible que j'aie oublié telle ou telle phrase importante pour le sens.

    Mais le sens, justement, de ce conte, est sans doute de suggérer que la raison la plus profonde de nos blocages intérieurs pour évoluer (vers le bonheur) c'est cet énorme boulet (devenu un gros rocher dans le conte) que représente notre violence, notre aptitude à nuire volontairement à autrui, à nous faire la guerre, à nous entretuer même. 

    Parviendrons-nous un jour à arracher de nos coeurs cette violence ?

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    mm


  • Commentaires

    24
    Vendredi 26 Juin à 15:16

    J'aime bien l'interprétation que tu fais de ce conte...

    Arriverons-nous à nous débarrasser de notre violence? Il faut l'espérer et le vouloir

      • Vendredi 26 Juin à 17:38

        Réponse à  gazou- - --

        Faut-il  " le vouloir " ? Je veux dire : est-ce un acte qui dépende de la volonté ? 

        L'idée " je fais ce que je veux" , n'est-ce pas une illusion ?

        Une sorte de folie orgueilleuse ? Laquelle nous rendrait encore plus rigides ?

         

    23
    Niudra
    Vendredi 26 Juin à 10:03

    Bonjour, 

    je reprends la phrase sur le centre du monde. 

    Gaspard Monge, mathématicien et créateur de l'Ecole polytechnique, voulait savoir si les droites parallèles ont un point commun. Ce sont les droites du plan; deux droites définissent un plan.

    Bien sûr, toutes les droites se coupent, donc ce point est à l'infini, et comme il y a deux côtés en haut en bas , ou à droite à gauche, on trouve deux points à l'infini. Conclusion puis qu'il n'y en a qu'un c'est le même.

     

    Il a donc introduit une droite qui est ronde et c'est la droite de l'infini. Et la structure de l'infini est compréhensible dans cette géométrie projective. Les droites sont des points et elles sont rondes et à l'infini on peut appliquer ce que nous savons sur ce qui n'y est pas.

    Exemple, un cercle se transforme avec un point à l'infini en parabole et deux points une hyperbole, et la f^te continue comme cela.

    Le monde numérique est un monde pour les petits calculateurs , la géométrie babylonienne  grecque   perse et romaine finalement, pour les découvreurs de notre monde infini mais pas aussi vaste que cela. 

    La droite de l'infini une droite comme les autres , elle est loin, mais quand on y est , on voit le reste comme si on y était. 

    Dieu a t-il créé tout cela, pas sûr, mais Il aurait pût.  

    Bonne journée. 

    Respiration délicate ici aussi. 

    JPA

     

     

     

      • Vendredi 26 Juin à 17:21

        Réponse à  Niudra- - --

        à ce niveau là, les math  me passent au dessus de la tête, bien plus haut encore que ne le font les étoiles, mais c'est sûr qu'elles nous font rêver.

        Mais quand dans la seconde même où nous contemplons ces propositions insaisissables, nous sommes aussi confrontés à une gêne respiratoire, voilà qui nous remet à notre place....

        très modeste !

        Bonne soirée

    22
    Jeudi 25 Juin à 20:59

    Bonsoir pinson,

    Déplacer un rocher d'un bout d'aile, c'est très élégant je trouve. Ça parait simple dans ton conte et ça l'est, pour les oiseaux. Même si leur vie n'est pas aussi tranquille qu'on le pense, ils n'ont pas ce que les humains ont et qui fait tant de dégâts sur notre petit caillou : l'argent et la religion qui sont deux parasites indestructibles. 

    Depuis que je suis gamine, je fais un rêve où je vole comme les oiseaux. Parfois mon esprit m'y emmène sans que je le lui demande et quand je veux faire ce rêve, j'arrive à concentrer mon esprit dessus et je m'endors avec et mon rêve vient et m'emporte dans ce monde merveilleux. Il n'y a pas de maisons, mais une belle nature avec des rivières, des ruisseaux, des cascades mais pas de mers, d'océans. Il n'y a pas de fleurs, ni d'animaux, non plus, c'est étrange n'est-ce pas ? Mais de beaux arbres, de belles herbes et le ciel dans lequel je vole, seule, c'est merveilleux. J'aime ce rêve, c'est une évasion et j'ai beaucoup de chance d'avoir ce pourvoir d'emmener mon esprit là où j'ai envie qu'il m'emmène la nuit.

    Je comprends très bien l'émerveillement de la fillette se réveillant dans le nid et sa grande déception en voyant  cette guerre dans sa tasse de thé. 

    Les guerres malheureusement, il y en a toujours eues, elles ont toujours existé et je doute fort qu'elles s'arrêtent un jour ou alors il faudrait supprimer l'argent et la religion qui gangrène le cœur de l'être humain. Mais là aussi j'en doute fort car ce n'est pas une chose simple.

    Je trouve que c'est bien de nous avoir parlé de Patine car j'ai l'impression de lire ton conte d'une autre façon, enfin, j'ai l'impression que je ne le lis pas mais qu'on me le conte et de plus sur une péniche. Là aussi ça me fait rêver car j'aurai aimé partir sur une péniche et pour toi c'est un souvenir plein d'émotion.

    Joli conte et dessin, j'aime beaucoup.

    Mais peux-tu me dire pourquoi on dit toujours que l'hiver est triste, moi je ne trouve pas que l'hiver est une saison triste ou quand il pleut, beaucoup disent que c'est un sale temps. 

    Bonne soirée et bise à toi pinson. Ne fais pas trop d'efforts surtout car tu as vu, il fait très chaud et ça, ben c'est mon mauvais temps à moi.

      • Vendredi 26 Juin à 08:04

        Réponse à  Mari jo 21- - --

        Ne pas faire trop d'effort ?  Je suis bien obligé d'en faire un peu, mais immédiatement je suis essoufflé, et je dois "récupérer"  : j'ai l'impression d'être tombé en bas d'un grand escalier, et peu à peu je le remonte, jusqu'à ce qu'un certain calme soit rétabli.

        C'est te dire que mon choix est un peu limité ...

        Bonne journée Mari jo.

    21
    Jeudi 25 Juin à 17:20

    je voyais hier un hoche-queue (je crois que c'est comme cela qu'il s'appelle) aborder élégamment le nid où il nourrit ses petits; et je me disais que ces petits êtres sont bien plus forts que nous, même s'ils ont aussi beaucoup de dangers à affronter.

     

      • Jeudi 25 Juin à 18:21

        Réponse à  LMPT73 - - --

        Les hoche-queues sont en effet d'une élégance rare : ils dansent  en permanence ! Ils savent défendre leur territoire contre d'autres espèces qui pourraient les mettre en péril et ils auto-régulent leur nombre. Est-ce là la solution pour les humains aussi ? ça pourrait paraitre logique, car sinon c'est : disparais de là que je m'y mette !

    20
    lenez o vent
    Mercredi 24 Juin à 20:34

    Que de bons moments vous avez dù passer avec les contes.

     

    D'un coup d'aile  cette grue de paradis amorce le changement chez la fillette,

    la libérant de ses craintes, peurs et autres fardeaux.

    Se délester du lourd pour ouvrir notre regard et notre coeur

    sur le monde extérieur et intérieur, un cheminement

    Prends soin de toi Pinson

    je t'embrasse

      • Mercredi 24 Juin à 20:58

        Réponse à  lenez o vent- - --

        et oui, Armel, il nous faut prendre soin de nous

        et parfois ... on se trompe !

        Bonne soirée et bises.

         

    19
    Dominique
    Mercredi 24 Juin à 17:18

    Oui, que ne sommes-nous, comme ce bel oiseau, capable de déplacer les rochers qui obstruent notre bonheur ou de nous envoler, vers les contrées où ceux-ci ne sont plus. Une jolie allégorie!

                                                                                                                          Dominique PB

      • Mercredi 24 Juin à 18:40

        Réponse à  Dominique - - --

        Cette image de l'oiseau qui déplace un rocher du bout de son aile est très forte, trop peut-être ... et soudain (puisque tu m'en parlais ce matin) cela me fait penser à la physique quantique ! 

        Où est le centre du cercle ? (le cercle du monde)

        Et où est le cercle ?

        Une nouvelle façon de "voir" le monde nous est peut-être nécessaire.

        Faudrait demander à JPA !!!!!

        Bisous ma fille Dominique.

    18
    Mercredi 24 Juin à 17:13

    Un beau souvenir mais une triste nouvelle pour "Patine" disparue !!! Une époque qui devait être très agréable!! Un joli petit conte qui nous fait dire qu'il ne faut jamais oublier ou faire du mal à la faune, voir même la flore!!Hélas, surtout tenter de vivre pour la paix!!!Pas facile, mais faire de son mieux!! Bisous Fan

      • Mercredi 24 Juin à 18:30

        Réponse à  ISIS - - --

        Voilà, c'est cela, faire de notre mieux. Modifier sans doute notre regard et voir la douceur là où elle se manifeste. Car nous en avons besoin chaque jour, pour continuer à penser que la vie est encore possible ! 

        bisous du soir.

    17
    Cybèle
    Mercredi 24 Juin à 16:10

    Bonjour Pinson,

    Il me vient juste la chanson de l'ami Jacques Higelin "La croisade des enfants"

    https://www.youtube.com/watch?v=SwAqa3-PZcc

    Belle fin d'après-midi

    Cybèle sous la CHALEUR  de l'Isère

      • Mercredi 24 Juin à 18:24

        Réponse à  Cybèle - - --

        Bonsoir Cybèle.

        Mais oui, je n'avais pas pensé aux enfants ! 

        C'est peut-être d'eux qu'il nous faut attendre un renouveau. 

        Et vous, vous avez pensé aux chanteurs ...  Ah c'est votre spécialité ! 

        L'Isère ? Pour moi cela veut dire torrent aux eaux froides ... 

        Mais c'est vrai que vous avez peut-être un climat plus continental

        et que cela peut vouloir dire puissance du soleil ...

        AÏE ! Allons nous souffrir de la chaleur cet été ? 

        Bonne soirée tout de même.

    16
    Cathy
    Mercredi 24 Juin à 13:46

    Bonjour, il fait très chaud ici en Picardie mais il y a du vent aussi - joli conte, simple, pas difficile à comprendre, plus vôtre texte en dessous - oui nos blocages, il faudrait apprendre beaucoup de choses en plus, à l'école, que ce que nous apprenons, savoir se relaxer, communiquer, partager, aimer ... bien se nourrir etc... portez-vous bien -  comment se passe vos journées maintenant ? êtes vous chez vous ? ou c'est trop compliqué - si je suis indiscrète vous ne répondez pas - amitiés cordiales - Cathy 

      • Mercredi 24 Juin à 18:05

        Réponse à  Cathy - - --

        Hello bonjour ! Ah si vous avez un peu de vent qui vient de la mer, comme ça doit être agréable ! 

        Comment notre monde humain pourrait-il trouver les chemins de l'amour ? C'est bien notre plus grand problème ! 

        Non finalement, je ne retournerai "chez moi" que dans une semaine / c'est un peu plus compliqué que prévu !

        Bonne fin de semaine Cathy.

    15
    Simone
    Mercredi 24 Juin à 11:46

    Un conte doux amer que j'aime beaucoup. Merci Mr K. 

    Vivre avec les oiseaux....mais tu sais un jour, il y a quelques années, nous avons assisté à une vraie guerre entre deux pies et un milan qui était venu roder au-dessus de chez nous, car nous avons beaucoup d'oiseaux dans notre jardin. Elles le poursuivaient dans le ciel , l'ont rattrapé et lui ont flanqué une raclée. Il s'est enfui très vite et les deux mégères l'ont escorté un moment.

    Alors tu vois....même chez les oiseaux, mais il y a quand même une différence, ce n'était pas de la violence gratuite, elles défendaient leur territoire. Chez les humains aussi ça arrive, mais pas que....

    Bonne journée Mr K 

      • Mercredi 24 Juin à 17:57

        Réponse à  Simone- - --

        En effet, les pies ont souvent ce comportement de défense contre des rapaces plus puissants, ou même des corneilles, et elles défendent ainsi collectivement leur territoire. Cela donne l'occasion de quelques combats aériens spectaculaires ! 

        Mais les oiseaux ont-ils cependant un secret ? 

        C'est à voir.

        Bonne soirée femme du Sud Ouest. 

    14
    Danielle
    Mercredi 24 Juin à 09:54

    Bonjour pinson, la violence dans le coeur empêche notre évolution vers le bonheur, je suis d'accord. Mais je crois que c'est tout l'environnement, tout ce que l'on peut subir, voir ou entendre qui engendre cette violence et la nourrit parfois de rancoeur. L'agressivité, la brutalité, la rage et la provocation d'autrui ne peuvent parfois que créer en nous un climat insupportable et un blocage intérieur qui nous empêchent d'être pleinement heureux. Quand on est mal dans sa vie, ce sentiment se répercute sur le comportement et il n'est pas facile de s'en libérer. Dans le conte, l'oiseau pousse le rocher d'un coup d'aile, libérant ainsi ce qui encombrait négativement le coeur de la fillette. Malheureusement tout n'est pas aussi facile... chez les personnes violentes la tension intérieure entraîne des pensées destructrices intenses mais être violent c'est être emprisonné dans une attitude malsaine, finalement c'est vouloir imposer un pouvoir à quelqu'un d'autre en exerçant un contrôle sur sa vie ! Bon, je viens de me relire et me trouve particulièrement maladroite, tant pis pinson, je sais que tu me comprendras. Et je t'envoie des bisous de mon littoral envahi par une chaleur déjà trop importante, je crois que l'après-midi ne va pas être facile. Danielle

      • Mercredi 24 Juin à 17:46

        Réponse à  Danielle - - --

        Bonsoir mouette. C'est un problème qui parait insoluble. L'est-il ? 

        On est tenté de répondre oui.

        Mais c'est peut-être notre façon de le poser qui est à changer. Que de la violence se manifeste autour de nous, c'est un certitude. Mais nous ne pouvons pas changer le coeur des autres ! Nous ne pouvons (peut-être, et pas facilement) que changer le nôtre. C'est pourquoi cette jeune fille demande aux oiseaux : "apprenez-moi" = elle sait que c'est elle qui a à apprendre quelque chose. Mais quoi, quel secret ? 

        Ou,  dit dans le langage du conte : quel est le secret des oiseaux ? 

        Oui, une chaleur terrible ici aussi. Je viens de revenir en voiture : j'ai cru que j'allais attraper un coup se soleil, et j'ai pensé à toi puisque chez toi c'est pire encore. 

        Bisou du mercredi.

         

    13
    Aln03
    Mercredi 24 Juin à 09:15
    J adore ce conte.Et la violence est devenue monnaie courante dans notre monde de dingues.On peut aussi avoir traîné un boulet depuis l enfance qu on a enfoui et qui remonte à la surface au détour d une analyse.
    Ce conte est superbe et les soirées péniches devaient être merveilleuses.
    Merci Amikas et Bises de la Saint Jean
      • Mercredi 24 Juin à 17:27

        Réponse à  ALN03 - - --

        Oui, Nicole, ces soirées étaient de vrais bijoux : 

        chacun était censé raconter un conte nouveau (je veux dire qu'il avait choisi lui-même) puis un conte était sélectionné et étudié plus en détail. Note à l'occasion : une péniche offre un espace assez immense (on imagine pas en la voyant) et est un lieu totalement silencieux (comme si on était dans un autre monde, c'est très étrange).

        Bisous Nicole.

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