• - L'étrange marraine d'un jeune médecin -

     

     

     

    - L'étrange marraine d'un jeune médecin -

     

     

     

    Il était une fois un pauvre cordonnier qui s'appelait Jean. 

     

    Pauvre, mais le plus heureux des hommes 

    car il aimait follement sa femme

    et les quatre enfants qu'elle lui avait donnés.

    Mais voici qu'en mettant au monde leur cinquième enfant,

     sa femme est morte.

    Jean en fut désespéré, et s'est révolté.

    Révolté contre les médecins, révolté contre dieu, révolté contre le sort, révolté contre le monde entier. 

    Il a même refusé de donner un nom à son cinquième enfant, qui était un garçon.  Pas de nom, donc pas besoin de parrain ou de marraine. Jean s'est enfoncé dans son malheur et s'est réfugié dans son travail, sans s'occuper de rien d'autre.

     

    Mais un jour un homme barbu est venu le voir, lui demandant de bien vouloir réparer sa sandale. Jean l'a tout de suite reconnu : c'était Dieu lui même, qui lui a demandé : comment ça va, Jean ? Tu vas bien ? Et comment va ton petit dernier ? Comment s'appelle-t-il déjà ? Ah... il n'a pas encore de nom, ni de parrain ni de marraine ...  

    Ah mais Jean, c'est très ennuyeux, ça ne se fait pas. Et bien, si tu veux, je serai moi-même son parrain, et on pourrait l'appeler ...

     

    Ah non alors ! a dit Jean, tu ne seras pas le parrain de mon fils ! Tu n'es pas assez juste pour ça, tu as fait mourir ma femme, alors, non, je ne te confierai pas l'enfant de mon amour ! 

    Dieu est reparti, vexé, mais sa sandale réparée,

    et Jean, lui, est retourné dans l'épaisse forêt de son deuil.

     

    Peu de temps après un autre visiteur est passé, et Jean l'a tout de suite reconnu : c'était le Diable, qui faisait semblant de passer par là tout à fait par hasard et lui a demandé : Bonjour Jean, tu ne pourrais pas de me retirer un clou qui s'est enfoncé entre deux de mes sabots ? Et comment vas-tu ? Tu vas bien ? Ah, je me suis laissé dire que ton petit dernier ... comment s'appelle-t-il au fait ? Je me suis laissé dire que ton petit dernier n'avait pas encore de parrain. Ah mais, Jean, c'est très ennuyeux, ça ne se fait pas ! Ecoute, si tu veux je serai moi-même le parrain de ton enfant, et il deviendra riche. On pourrait l'appeler ...

     

    Ah non alors ! a dit Jean, tu ne seras pas le parrain de mon fils ! Tu n'es pas assez juste pour ça, tu infliges des tortures a des gens qui n'ont fait de mal à personne, et tu ne punis pas les pires criminels ! Alors, non, je ne te confierai pas l'enfant de mon amour ! 

    Alors le diable est reparti, vexé,

    et Jean lui, est retourné dans l'épaisse forêt de son deuil.

     

    Mais peu de temps après, Jean a reçu une autre visite qu'il n'avait pas imaginé : celle d'un personnage vêtu d'un manteau noir. Mais il l'a tout de suite reconnu elle aussi : c'était la Mort ! La Mort qui tout de suite lui dit : Hé, petit cordonnier, tu n'es pas si bête d'avoir dédaigné Dieu et le Diable ! Mais à moi  tu ne me refuseras pas l'enfant de ton amour, car je suis juste , moi, je ne te demanderai rien, mais je pourvoirai à son éducation,  et j'en ferai quelqu'un de bien !

    - Oh ma Reine, et la Reine de tous les vivants, il est vrai que, si tu es impitoyable,  tu es cependant la seule justice, toi qui n'épargne ni le riche ni le pauvre, ni le roi ni l'esclave !

    Alors je te confie mon fils

    et je t'accepte comme sa marraine.

    Top là, Marraine ! 

     

    Et c'est ainsi que pour la première fois la Mort a emporté quelqu'un ,  non pour le tuer, mais pour l'élever, et elle s'est montrée une mère charmante et aimante, le regardant grandir comme une belle plante.  Elle lui a appris à connaitre l'eau et le feu, les plantes qui guérissent et les plantes qui tuent, elle a fait de lui un accoucheur, un pharmacien, et même un peu un sorcier : bref, elle a fait de lui un médecin.

    Elle fut très heureuse, et très fière quand son filleul,  ayant atteint l'âge de vingt ans, elle put lui délivrer son diplôme. Alors, pour fêter l'évènement, ils partirent tous les deux dans une taverne. Le jeune médecin commanda " une Mort subite ! ", et la Mort, elle, demanda "une Gueuse pour la Camarde ! "

     

     

    - L'étrange marraine d'un jeune médecin -

     

     

     

    Puis avant de se quitter, ils se sont sont embrassés, et la marraine a dit à son filleul : " Maintenant que tu es riche de connaissances, il faut que tu deviennes riche tout court, je l'ai promis à ton père, et je tiens toujours mes promesses, alors je vais t'aider dans tes débuts professionnels, et voici comment.  : quand tu seras appelé auprès d'un malade, je viendrai toujours avec toi, mais je ne serai visible que de toi, évidemment. Si tu m'aperçois aux pieds du lit du malade, tu pourras affirmer que le malade guérira. Mais si tu m'aperçois à la tête du lit, c'est qu'il mourra à coup sûr et le jour même. Tu as bien compris n'est-ce pas ? Aux pieds du lit, il vivra, à la tête du lit, il mourra. Alors vas sans crainte, où tu iras, j'irai, et je serai toujours à tes côtés ". 

    Et c'est ainsi que le jeune médecin s'est élancé sur les chemins de sa vie, toujours escorté de son invisible institutrice. La Mort, sa marraine, faisait comme elle avait dit, et se trouvait tantôt aux pieds du lit, tantôt à la tête. Et l'on vivait ou l'on mourrait, c'était selon, et comme il ne se trompait jamais, on se mit à le rechercher de plus en plus.

    Or un jour, la fille du roi est tombée malade. Elle s'appelait Aurore. Le roi avait fait venir tous les médecins, rebouteux, guérisseurs, astrologues, jeteurs de sort..... mais la jeune princesse Aurore, elle, s'affaiblissait chaque jour un peu plus. Alors on a fait venir le jeune médecin. Et il est entré dans la chambre de la princesse. Or  à peine avait-il entrevu la jeune mourante qu'il a senti son coeur s'emballer. Il s'est penché sur elle et a murmuré : " Ô toi, je te sauverai ! "

    Mais s'étant redressé, il a soudain aperçu, avec terreur,  celle qu'il avait complètement oublié : la Mort sa marraine, qui se tenait à la tête de la jeune fille, au chevet d'Aurore !  

    Alors là, son sang n'a fait qu'un tour, et sans plus réfléchir il a fait une chose folle : il a saisi le lit, l'a soulevé, a tournoyé sur lui-même, et l'a reposé à l'envers, les pieds où était la tête, la tête où étaient les pieds, et tout cela n'avait demandé qu'une demie seconde !

    La Mort en est restée comme figée sur place, tellement surprise par le coup d'audace de son filleul, lui qui s'était montré tellement docile jusque là. Affreusement vexée, elle a disparu en grinçant des dents !

    Déjà Aurore commençait à se réveiller, et les adorables couleurs de la vie revenaient  sur son visage.  " Je vais sûrement fâcher ma marraine ! pensa le jeune médecin, mais ma foi tant pis " . 

     

    Vous vous en doutez : dès qu'elle fut guérie, Aurore tomba amoureuse de son sauveur, ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants, et vécurent de nombreuses années dans le plus grand bonheur !  

    Tous les jours cependant, alors qu'il serrait contre lui sa chère Aurore, le médecin éprouvait une certaine angoisse, car il pensait que tromper la mort par une sorte de tour de passe passe, ça devait se payer un jour.   Et c'est ainsi que bien des années passèrent. 

     

    Mais un jour ...

    un jour, alors qu'il jouait aux cartes avec le roi, son beau-père, voici que la Mort, sans se faire inviter, apparut devant lui !

    " Oh Marraine, bonsoir ! Prendrez-vous un peu de café ?  Je me demandais justement quand vous me donneriez signe de vie !

    - Ah tiens ! parce que tu penses souvent à moi ? Mais dis-moi, comment va Aurore ? - Oh marraine, elle va bien, mais soyez bonne joueuse, laissez-la moi, vous ne voudriez pas plutôt prendre votre revanche à la belote ? 

    - Rien de tout ça, petit, en fait j'étais seulement venu te demander s'il ne te plairait pas de revenir chez moi pour visiter avec moi les lieux où tu as passé ton enfance ?

    - Oh bien sûr, répondit aussitôt le médecin, tant il était heureux que l'on ne parle plus d'Aurore, allons-y tout de suite !

    Ils partirent ensemble, et encore sur le chemin, le médecin demanda : " Ô marraine, me montrerez-vous cette pièce où je n'avais pas le droit d'entrer quand j'étais petit, cette pièce fermée par la grande porte aux sept verrous ? - Mais petit, tu es devin ! C'est même pour cela que j'étais venu te chercher. Car maintenant que tu as réussi à me tromper, tu es presque aussi fort que moi, et tu mérites donc de connaitre tous mes secrets. Viens donc avec moi, mais couvre toi bien, car il va faire froid là où nous allons descendre, il va faire froid pour un vivant".

    Alors la Mort a déverrouillé la porte, verrou après verrou. Sans dire un mot, elle a précédé son filleul et lui a fait descendre de nombreuses marches dans l'obscurité la plus totale, alors qu'il sentait un froid glacial le saisir. Puis soudain, à perte de  vue, il a vu des millions et des millions de lumières briller devant lui. Des lumières comme des sapins de Noël, mais qui semblaient tellement fragiles... et ce dans un espace aussi immense qu'une plaine de Russie.

    " Mais marraine, qu'est-ce que c'est ? -  Et bien ce sont les lumières de la vie. Tu vois, il faut compter en milliards ici. Chaque créature, humaine ou pas, a sa lumière ici, chez moi. Regarde ici, cette lumière très longue : c'est un enfant qui vient de naître, et toute l'espérance d'une longue vie. Celle là, courte et qui vacille, c'est un vieillard qui s'éteint. Attention ! N'éternue pas surtout, tu deviendrais un assassin ! Tiens, regarde ici, toutes les flammes sont soufflées, quelque soit leur longueur : une bonne guerre sans doute. - Mais c'est classé comment, demanda le médecin ? Par pays, par religion ? - Rien de tout cela , petit, car j'ai la mémoire du monde, moi. - Mais alors, marraine, moi aussi j'ai une flamme ?  - Mais justement nous y arrivons : voilà, c'est celle-là. -  Ô mais marraine, c'est qu'elle est très courte ! Combien de temps cela représente t-il ? - Ô, disons que ça te laisse le temps d'aller embrasser ta chère Aurore ! - Dites, marraine, on ne pourrait pas faire ... disons ... faire une sorte d'échange ?- Ô si tu veux. Tiens, veux tu celle là ? Regarde comme elle est longue ! C'est la vie d'une petite fille de deux ans, tu la veux ? - Arrêtez ! Arrêtez marraine ! Bien entendu non, je ne la veux pas ! 

    Et bien, marraine, j'ai une idée. Puisqu'il me reste si peu de temps à vivre, j'ai envie de passer mes derniers instants avec vous. Mais remontons vite au chaud, et allons boire un dernier verre à la taverne, une bonne Gueuse pour vous, et pour moi une Mort subite !

    Et c'est ainsi qu'on a vu encore une fois la Mort et la Médecine attablées ensemble devant des verres de bière.

     

    Dites, marraine, vous êtes très forte, vous êtes vraiment très forte. Mais êtes-vous aussi souple que vous êtes forte ? Par exemple, seriez-vous capable d'aller attraper le petit moucheron, là, qui se débat au fond de cette bouteille de bière, essayant de vous résister ? - Où ça ? Où ça ? " demanda la Mort.   Alors elle s'est penchée pour voir ce petit moucheron qui s'obstinait à vivre. Pour le saisir, elle s'est tortillée, elle s'est contorsionnée, elle a passé une première vertèbre, puis une seconde, puis une troisième, et elle a réussi finalement à entrer dans la bouteille pour attraper ce moucheron récalcitrant.

    Et hop !

    D'un seul geste, le jeune médecin a replacé le bouchon sur la bouteille, et il a ainsi emprisonné la Mort ! Après quoi il a fini tranquillement sa bière, a empaqueté soigneusement la bouteille, a réglé l'addition,  et s'en est retourné tranquillement au château. Il a écrit sur la bouteille : " Poison" et il a mis la bouteille tout en haut de l'armoire à pharmacie, hors de la portée des enfants.

    Et le temps a passé.

    Et plus personne ne mourrait.

    On vieillissait et on faisait de plus en plus de projets. Bientôt il y eut trop de gens, la crise du logement est devenue terrible. Des générations d'architectes s'empoignèrent. On se lamenta de ne pas mourir. Cela ne pouvait plus durer.

    On demanda à Dieu et au Diable d'intervenir. Mais ils ne pouvaient rien faire sans la Mort.

    Un jour quelqu'un a eu l'idée d'aller chercher Jean, le cordonnier. Et pour la première fois Jean est sorti de la forêt profonde de son deuil. Il a été voir son fils, devenu médecin, et il lui a souri.

    C'était la première fois qu'il lui souriait.

    C'était même la première fois qu'il souriait depuis la mort de sa femme, et ça lui a fait beaucoup de bien.

    Et Jean le cordonnier a raconté son histoire à son fils.

    Alors son fils, devenu médecin, après avoir écouté attentivement son père, est allé prendre la bouteille tout en haut de l'armoire à pharmacie et a réveillé la Mort qui s'était gentiment endormie.

    " Tu t'ennuies, hein, chère marraine, depuis que je t'ai coincée là !       Si tu veux, je te relâche, mais à une condition, c'est que tu ne t'attaques jamais ni à Aurore, ni à chacun de nos enfants. Jure, et je te relâche ! "

    La Mort a juré, et le prince a débouché la bouteille. La Mort a repris son service et s'est remise à tuer.

    Bientôt elle a emporté Jean, le cordonnier, puis le Roi, le père d'Aurore.. Puis elle emporté le fils de Jean, le médecin lui-même.

    Mais comme la mort tient toujours ses promesses, jamais elle n'a touché à un seul cheveu d'Aurore, et c'est depuis lors que, quoi qu'il arrive, elle revient tous les matins, Aurore, suivie de ses innombrables enfants que sont les jours, les heures, les minutes, les secondes, et tous les délicieux  et merveilleux petits instants de nos vies.

     

         

     

    - L'étrange marraine d'un jeune médecin -

     

    merci, Simone, c'est un cliché que je t'ai chipé !

     

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  • Commentaires

    24
    Jeudi 23 Juillet à 18:21

    Bonjour pinson,

    Pauvre cordonnier qui dans sa peine, refuse de confier son fils à Dieu puis au Diable mais le confie à la Mort et comme je trouve qu'il a raison car comme il est dit dans ton conte, elle n'épargne personne, elle n'a pas de préférence. 

    La Mort fut une bonne marraine et entre elle et le médecin, il y a eu belle complicité puisqu'elle l'aide énormément dans son diagnostique. Mais cette complicité s'achève le jour où le médecin tombe amoureux d Aurore et refuse le choix de sa marraine la Mort. 

    Je n'arrive pas à commenter quand il retrouve sa marraine et qu'elle l'emmène chez elle voir là où il était enfant et j'aime beaucoup le passage de cette visite. Quand ils descendent, les petites flammes qui brillent et d'autres éteintes, la description de la longueur des flammes.

    Une fois de plus, il a le dessus sur sa marraine puisqu'il l'enferme dans le bocal. Mais il est vrai que sans la Mort, cela fait beaucoup de monde  (un peu comme aujourd'hui puisque les personnes vivent de plus en plus longtemps) seulement cette fois-ci, elle emmènera son filleul, son père et le roi mais tiendra sa parole en laissant la belle Aurore nous ravir chaque matin par sa petite lueur et nous apporter un nouveau jour avec ses joies, ses bonheurs mais aussi ses chagrins et peines.

    C'est pour cela qu'il faut admirer chaque jour ce qui nous entoure car ce sont des instants d'émerveillement où devant un joli spectacle, on oubli les soucis un moment, on est transporter dans un autre monde. Chaque jour a son lot de joie et de soucis. 

    La Mort ne m'a jamais fait peur, même encore aujourd'hui et parfois, j'aimerai bien qu'elle vienne me chercher. C'est étrange car j'ai quelques livres sur elle et Satan, j'ai toujours dit que c'étaient mes bibles car sur Dieu, je n'ai rien et encore plus étonnant et je me pose toujours cette question : pourquoi je crois au Diable mais pas à Dieu. 

    Aussi, je suis contente de lire le mot Camarde qui n'est quasiment jamais employé. La Mort, la Camarde sont pour moi de très jolis mots alors suivant mon envie je l'appelle soit par l'un ou l'autre.

    J'aime beaucoup ton conte, je vois très bien la scène en le lisant et ce qui est fascinant c'est qu'en général la Mort est silencieuse, muette et là c'est tout le contraire et de plus, elle boit la bière. Je ne sais pas si je peux te l'avouer mais allez, je te le dis quand même, La Mort Subite est une très bonne bière.

    Merci pinson pour ce fabuleux conte, je te souhaite une bonne fin de journée et avec un peu d'avance une bonne soirée. 

    Bisous pinson.

      • Jeudi 23 Juillet à 21:12

        Réponse à   Mari jo21 - - -- - - --

        Merci Mari jo , il est vrai que ce conte est assez particulier et je comprends bien que certain(e)s parmi nous puissent se trouver dans l'incapacité de lui trouver du charme.

        Mais en te lisant je retrouve l'élan de cette sorte d'épopée où, en personnifiant la mort et en "dialoguant" avec elle, on entre dans une sorte de rêve étrange.

        Bonne soirée pour toi aussi et bisous du jeudi soir !

    23
    Mercredi 22 Juillet à 21:44

    Bonsoir pinson,

    Je suis désolée pinson, je voulais commenter aujourd'hui mais je le ferai demain. Alors je te fais un petit coucou pour te souhaiter une bonne soirée, une bonne nuit aussi car il commence à se faire un peu tard et te faire un bisous. 

    Je t'embrasse avec toute mon amitié et te dis à demain, prends bien soin de toi hein.

      • Jeudi 23 Juillet à 12:49

        Réponse à   Mari jo21 - - -- - - --

        Cela me fait toujours plaisir de te lire, Mati jo, mais ne te fais donc pas tant de souci si tu es trop occupée pour mettre un comm.

    22
    Mercredi 22 Juillet à 11:01

    ... surement un conte profond, mais beaucoup trop sombre pour moi en ce moment, en plus le ciel est voilé sur le lac... j'ai besoin de choses plus légère cher conteur! Toute fois une belle journée pour toi!

    Monika

      • Mercredi 22 Juillet à 11:18

        Réponse à   Monika - - -- - - --

        Parler de la mort, de quelque façon que ce soit, est difficile, réveille une source d'angoisse pour chacun de nous. Alors selon les circonstances de nos vies, cela peut être cause d'un grand malaise, je le ressens bien moi-même. 

        Je suis navré si c'est pour toi le cas. 

        La prochaine fois ce sera ... plus léger.

        Belle journée d'été pour toi aussi.

    21
    Danielle
    Lundi 20 Juillet à 21:48

    Bonsoir pinson, je viens relire ce conte plus tranquillement. Pauvre cordonnier endeuillé, révolté contre le sort, noyé dans son désespoir et qui abandonne son enfant en le confiant à "la Mort" pour l'élever, cette marraine redoutable qui réussit fort bien sa mission semble-t-il car le fils devient médecin. Il est vrai que sa marraine lui facilite grandement le travail et il accepte docilement son aide jusqu'au jour où... Ah l'amour !!! Pour la première fois le médecin se révolte et refuse la décision de la Mort, fâchant sa marraine par sa rébellion soudaine et en remettant en question sa toute puissance, bousculant ses prérogatives redoutables !

    Certains passages sont assez sombres : celle de la découverte de la pièce secrète derrière la porte verrouillée, celle des lumières de la vie si fragiles et incertaines, "l"embouteillage" de la marraine, que de péripéties. Heureusement que tout cela est dit avec une note d'humour, de fantaisie... ce qui rend ce conte plus léger ! Merci l'aurore qui nous apporte de belles images quand elle commence à teinter l'horizon de rose, le thème évoqué aurait été trop gris sans cette note colorée. Bisous du soir pinson, que ta nuit soit douce. Danielle

      • Mardi 21 Juillet à 10:15

        Réponse à   Danielle - - -- - - --

        Bravo Danielle ! Je crois qu'en quelques lignes tu viens de mettre en valeur ce qui fait l'originalité et la profondeur de  ce conte.

        Il n'est pas aisé de parler de la mort, pourtant si omniprésente, et dès qu'on le fait on ouvre une porte à l'angoisse, avec une envie de fuir toute réflexion la concernant. 

        Or s'il est une profession qui est en contact permanent avec la mort (avec la vie, mais cela veut donc dire avec la mort !)  c'est bien la médecine. Certes les étudiants en médecine ne signent pas un pacte officiel avec la mort, mais il est comme inclus dans le projet de "devenir médecin".

        Tant que l'on est étudiant en médecine, au début on ne se rend pas compte de cela, on a d'autres choses pour occuper sa pensée. On commence à le réaliser quand on voit de premiers malades hospitalisés mourir. Je me souviens du choc que cela a été pour moi de voir mourir des personnes dont je m'étais occupées, et que j'avais commencé à connaitre.

        Ce choc va se répéter de plus en plus souvent par la suite, et va être comme un arrière plan toujours présent dans l'activité quotidienne du médecin. Si l'on veut rendre compte de cela en termes un peu imaginaires, on en arrive facilement à une sorte de dialogue avec "la Mort", à une sorte de "combat" avec elle, combat qui force à accepter souvent de perdre, mais qui connait aussi des moments où l'on se révolte contre une issue qu'on aurait voulu différente. 

        C'est pourquoi je comprends très bien la réaction de Simone : ce conte a réveillé en elle quelque chose de très profond, comme il l'a fait pour moi. Le souvenir d'un combat permanent contre cette force qui met un terme à nos vies.

        Alors c'est vrai que pour "alléger" ce récit qui sans cela serait bien trop angoissant, il fallait des atténuations, comme le jeu de mot qui permet à Aurore et à ses "enfants" de ne pas mourir. C'est un peu facile, comme me le reproche Dominique, mais c'était indispensable pour détendre un peu l'atmosphère !

        Quant au spectacle des lumières dans la crypte, toutes les personnes qui ont été à Jérusalem savent que ce lieu bouleversant existe bien, car la visite de Yad Vashem est inoubliable !

        Bonne journée mouette, bisous de pinson.

    20
    Dominique PB
    Lundi 20 Juillet à 19:19

    Ca alors, voilà une première ! Oui, c'est la première fois que je n'apprécie pas du tout un conte que tu réécris, sur ton blog, je le trouve sombre, pas pertinent, ( les métaphores ne tiennent pas la route, pour moi. En particulier les liens entre la mort et un humain, le retour de l'aurore, juste parce que c'est le nom que porte le personnage.... C'est un peu facile! ), et surtout il me met mal à l'aise. Mais c'est bien, cela met encore plus en valeur le charme et l'intérêt, pour moi, de la plupart de tes autres contes. Et comme chacun sait: Tous les goûts sont dans la nature...

              Porte-toi bien, mon papa chéri. Je viens te voir la semaine prochaine!

                                                                                                                                                                 Dominique PB

      • Lundi 20 Juillet à 20:48

        Réponse à   Dominique PB - - -- - - --

        Parler de la mort, de quelque façon que ce soit, est toujours la cause d'une sorte de malaise.

        La faire apparaitre en tant qu'un personnage, qui discute, prend des décisions... oui, je comprends que ça puisse t'être trop désagréable.

        Bonne soirée et bonne semaine Chère Domi

        avec plein de bisous.

    19
    Lundi 20 Juillet à 19:01

    c'est un  très beau conte.

    Ne serait-il pas de ta plume ?

      • Lundi 20 Juillet à 20:38

        Réponse à   LMPT73 - - -- - - --

        C'est un conte de Grimm

        mais il est vrai qu'il est réécrit avec ma plume !

         

         

    18
    Lundi 20 Juillet à 18:42

    Je ne connaissais pas ce conte...L'as tu imaginé?

      • Lundi 20 Juillet à 20:36

        Réponse à   gazou- - -- - - --

        Oh non gazou, j'en serais bien incapable. En fait c'est un conte de Grimm, mais je l'ai raconté à ma façon.

    17
    Lundi 20 Juillet à 17:18

    OH quelle merveilleuse histoire qui raconte si bien la vie!!! AURORE, celle qui voit naître le jour!!! Merci Kasimir, un conte philosophique qui explique bien l'âme humaine!! Bisous Fan

      • Lundi 20 Juillet à 20:34

        Réponse à   ISIS - - -- - - --

        Et nous force à considérer le fait de la mort ...

        Fait scandaleux ! Et pourtant faisant tellement partie de ce que nous appelons la vie. Sans savoir trop quelle place lui donner.

        Bonne semaine ISIS, et bisous de pinson.

    16
    Simone
    Lundi 20 Juillet à 15:02

    Ah j'adore et sais-tu Mr K ? Je me suis dite que je serai à nouveau médecin dans ma prochaine vie (?). Tu as fait ressortir la magie de notre métier, avec ses bagarres que l'on gagne parfois et parfois que l'on perd, avec ses moments de révolte quand on pense injustice, ses défis, et la colère mêlée d'impuissance quand la mort nous prend ceux que l'on aime, l'envie de la bousiller. Et parfois, l'impression jubilatoire de l'avoir "roulée".

    Et tu as réveillé la nostalgie jamais très loin. J'ai pourtant pris ma retraite très loin au-delà de l'âge légal mais si je pouvais...........

    Merci pour ce conte philosophique qui résume ta vie professionnelle....et la mienne.

    Pour la photo chipée ....Hum ! Voyons !! JE TE PARDONNE !!! yes

    Bisous et bonne journée

      • Lundi 20 Juillet à 15:24

        Réponse à   Simone - - -- - - --

        C'est vrai, il y a une part de folie dans cette idée de vouloir soigner ses contemporains, et cela ressort assez bien dans cette histoire plutôt étrange, qui réveille en nous des souvenirs assez nombreux. 

        Merci l'artiste photographe.

    15
    lenez o vent
    Dimanche 19 Juillet à 19:49

    quel suspense, quelle belle surprise le final !!!

    Un merci à  l'aurore chaque matin pour recevoir tous les instants du jour

    et le soir savourer les pépites positives du jour écoulé.

    Merci pour la rédaction de ce conte que tu as mené de main de maître.

    Je

    t'embrasse Pinson, prends soin de toi

      • Dimanche 19 Juillet à 20:11

        Réponse à   lenez o vent - - -- - - --

        Merci de ton gentil comm, amie, que la nuit qui vient te repose

        et que demain te fasse entrer dans une belle journée.

        Bisous de pinson.

    14
    Dimanche 19 Juillet à 18:51

    Bonsoir pinson,

    Quel récit passionnant mais voilà comme tu te doutes bien, je ne peux pas le commenter à chaud, il me faut le relire encore. Je l'ai sorti et pourrai le lire sur le papier ce qui est plus pratique pour moi pour bien comprendre.

    Je reviendrai donc commenter mais en attendant, je te fais un bisou et te souhaite une bonne soirée. 

    A bientôt pinson.

    Jolie photographie de Simone, j'aime beaucoup.

      • Dimanche 19 Juillet à 20:07

        Réponse à   Mari jo21 - - -- - - --

        Mais tu as bien raison, Mari jo, de prendre ton temps ! 

        Savourons les instants qui passent, ils sont tous précieux, et ils sont tous des enfants d'Aurore ! Le reste se fera au fur et à mesure, rien ne presse.

        Bisous de pinson.

    13
    Danielle
    Dimanche 19 Juillet à 18:51

    Bonsoir pinson, juste quelques mots car j'ai quelque chose dans le four qui risque l'accident sarcastic Pas très sympa le médecin emprisonnant sa marraine mais on peut le comprendre ! Quel drôle de conte aujourd'hui, un peu étrange et avec une fin inattendue. Oui l'aurore revient tous les matins pour nous offrir des jours et le bonheur de vivre, des petites joies... et un cortège de chagrins aussi ! Il y a de superbes photos aujourd'hui chez notre amie Mari jo sur la naissance du jour. Vite, je file en te faisant des gros bisous. Bonne fin de soirée.  Danielle

      • Dimanche 19 Juillet à 20:03

        Réponse à   Danielle  - - -- - - --

        Ah oui, j'aurais pu prendre une photo à Mari jo pour représenter l'aurore. L'aurore qui t'a surprise .... 

        J'espère que rien n'a brûlé dans ton four ! 

        Bon appétit et bisous de pinson. 

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