• - Le verbe réfléchi : une méditation sur l'amour et sur la santé -

     

     

    Le verbe " réfléchi "

    vu comme une méditation sur l'amour et sur la santé.

    Nous pourrions dire : 

    comme une " réflexion " sur l'amour, condition de la santé.

     

     

     Précision : 

    je pense là à l'amour maternel,

    c'est-à-dire à cet amour qui nous construit, organise notre être, le structure,

    aussi bien physiquement que spirituellement et affectivement

    et qui, se faisant, instaure en chacun de nous... entre autre ...  l'amour de soi.

     

    * Je laisse de côté la question de l'amour s'exprimant dans la sexualité :

    le sujet est trop vaste et complexe... pour ce matin ! 

     

     

     

    L'  "amour de soi"  ?

    Il se traduit par l'estime de soi-même,

    la joie d'être au monde , d'être ce que nous sommes, et un sentiment de paix intérieure.

    C'est l'amour qui nous a mis au monde,

    c'est lui qui nous maintient en vie  chacun des jours de nos années.

     

     

     

     

    Faut-il dire que cet amour est " maternel " ?

    Oui si l'on considère que c'est ordinairement la mère qui en est la source, l'officiante.

    Pourtant ce pourrait-être un homme tout aussi bien,

    car cet amour n'a rien à voir avec le sexe de la personne.

     

    * Mais nous laissons tomber cet aparté (qui nous mènerait beaucoup trop loin), 

    pour en venir au verbe  " réfléchi " ! 

     

     

    " Je me lave ".

     

    Qui lave qui ? 

    C'est  JE  qui lave    

    et  ME  qui est lavé.

    JE  lave  ME.  

     

     

    -  Le verbe réfléchi vu comme une méditation sur l'amour  -

     

     

     

    Qu'est-ce à dire ?

    C'est la reproduction d'un scénario déjà bien ancien.

    La scène qui est là reproduite ?

    Celle-ci :

     une mère lave son enfant.

     

    Au départ son tout petit enfant est si petit qu'il est bien incapable d'accomplir le moindre geste utile pour protéger sa vie.

    La vie de ce minuscule bébé dépend entièrement  de la multitude des actes que la mère va accomplir pour le faire vivre. Pas seulement pour le laver, mais le vêtir, le nourrir  ...                    et mille autres choses.

    En faisant tout cela, elle va apprendre peu à peu à son enfant à accomplir tous ces actes,

    puis viendra le temps où l'enfant  se lavera lui-même,

    se vêtira... plus tard choisira et se préparera sa nourriture ... et ainsi de suite.

    Il sera désormais capable de protéger lui-même sa propre vie.

     

    Un jour la mère s'éloignera

    puis disparaitra.

     

    Mais à y regarder de plus près, elle est toujours là !

    La mère a été " intériorisée " dans le JE !

    Et le petit enfant fragile est toujours là lui aussi dans l'adulte : c'est le ME !

    Comme un enfant fragile

    nous restons extrêmement vulnérables et devons sans cesse être protégés.

    Mais par qui donc ?

    Par nous-mêmes !

     

    Dit autrement :

    je ne suis pas une personne seule (comme l'apparence pourrait le faire croire).

    Je suis (au moins) deux

    et notre langue même en témoigne dans le verbe réfléchi !

    Je suis l'enfant que j'ai été, et je suis la mère de cet enfant.

    Je suis ME et je suis JE.

     

     

    -  Le verbe réfléchi vu comme une méditation sur l'amour  -

     

     

     

    D'où me vient le besoin de vous dire tout ça ce matin ?  

    Des voeux de bonne santé échangés en ce moment et  qui m'ont replacé devant la question de  savoir ce qui fonde la santé et donc devant le problème des soins que chacun  doit se prodiguer ... à lui-même pour que sa santé demeure.

    Souvent ces soins sont éprouvés comme une marque excessive d'intérêt pour soi-même, donc comme du temps perdu, comme si nous ne devions ne prendre soin que des autres.

    Alors le temps que l'on passe pour prendre soin de nous-même

    est ressenti avec culpabilité !

    Combien de personnes semblent ne pas  s'aimer suffisamment elles-mêmes,

    ce qui les conduit à ne pas consacrer assez de temps pour faire le nécessaire

    à la préservation de leur santé ?

    Ces personnes auraient-elles "intériorisé" une mère pas assez aimante,

    négligeant son enfant ? 

     

     

    Pour dire cela encore autrement :

    pour être et demeurer en bonne santé il faut prendre soin de soi,

    et pour bien se soigner il faut s'aimer soi-même.

    Ce qui ne veut pas dire avaler des douzaines de drogues !

    Surtout pas, c'est même tout le contraire.

     

    Ce qui convient est de  bien se nourrir, bien respirer, marcher...

    avoir une hygiène de vie impeccable

    et d'éviter toute conduite suicidaire (prise de toxiques, alcool, tabac ...).

     

     

    Et quand on dit  "bien se nourrir", ce n'est pas nourrir seulement son corps.

    Il faut aussi nourrir son esprit de bonnes choses

    et lui éviter tous les toxiques ...

     

    Immense programme.

     

     

    Résumons :  

     

    pour bien se porter, il faut prendre soin de soi

    comme la mère prenait soin de son enfant

     

    ou, en utilisant un verbe réfléchi,

    il faut s'aimer soi-même 

    comme notre mère nous a aimé.

     

    Notre mère ne nous a pas seulement appris à nous laver, 

    à nous nourrir, habiller, et ainsi de suite

    elle nous a appris à nous aimer !

    (ou elle aurait dû !)

     

     

    Alors prend tout son sens le voeu si souvent échangé en cette période : 

    celui d'une bonne santé

     que l'on pourrait formuler autrement :

    aimez-vous !

    Faites-vous du bien.

     

     

     

     

     

    -  Le verbe réfléchi vu comme une méditation sur l'amour  -

     

     

    L'amour que nous éprouvons  aujourd'hui

    que ce soit les uns pour les autres

    ou pour nous-mêmes

    est une prolongation de cet amour de la mère,

    de l'amour qui fait vivre.

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    26
    Fan
    Dimanche 14 Janvier à 19:53

    ... un bon fin de dimanche Kasimir, disparu dans la brume qui stagne ici sur les hauteurs de Lausanne, ou chez toi?

    Je viens de recevoir les voeux d'un jeune ami, un peintre très talentueux. Qui a eu il y a quelques années le verdict, leucémie, mais traitable avec une batterie lourd de médicaments. Puis une tension toujours selon des médicament, grave. Puis en 2017 une transplantation des 2 poumons. Mais il est parti avec femme et enfants cet été au bord de la mer en France, puis un voyage à Milan... puis il chante, "life is life"... alors je veux adopter son positive attitude, soutenue  quand même par son petit soldat,  sa femme.

    Belle soirée.

     

     

     

      • Lundi 15 Janvier à 08:44

        - Réponse   à   -  FAN  -  -

             Bonjour FAN. Hier dimanche nous avons eu ici une journée toute ensoleillée ! C'est rare en ce moment.

        Ton jeune ami peintre affronte avec un beau courage une épreuve peu ordinaire. Oui, nous pouvons prendre modèle sur lui.

        Alors... soyons remplis nous mêmes d'énergie !

    25
    Dimanche 14 Janvier à 19:06

    Bonsoir pinson,

    Plusieurs fois je suis venue lire ton article. C'est une vaste sujet et il est difficile pour moi de m'exprimer. 

    Je vais donc revenir te relire et commenter mais en attendant je te souhaite une très bonne soirée et bise à toi pinson. 

      • Samedi 20 Janvier à 19:43

        - Seconde réponse   à   -  Mari jo  -  -

        Oui Mari jo, c'est particulièrement difficile pour toi de parler de l'amour maternel et paternel, et vraiment je suis touché de ce que tu le fasses cependant, compte tenu de tes très grandes souffrances durant ton enfance.

        Pourquoi parlons nous de l'amour maternel et paternel ? Parce qu'ordinairement cet amour nous est donné par nos parents biologiques. Mais il serait peut-être plus vrai de parler de l'amour tout simplement : de cet amour qui nous fait vivre. Si nous ne le recevons pas, nous mourrons,  de la même façon que si nous ne recevons pas de l'oxygène, notre corps meurt.

        Alors quand nos parents biologiques ne nous aiment pas et font même les pires choses contre nous (petits)... comment se fait-il que nous restions en vie ? Je crois qu'il se passe ceci : cet amour (absolument vital) nous est apporté par d'autres personnes. Et là nous rentrons dans la vie concrète de chacun de nous.

        Mais le blog n'est pas un lieu convenable pour exposer cette vie absolument intime. 

        J'ai presque envie de te prier de m'excuser de te faire revivre en pensée ce passé si douloureux ( d'en parler je vais revivre les sales moments. ..... je ne veux pas que ça me fiche en l'air. ) que tu as si souvent cherché à oublier. Mais tu le dis toi-même : ça revient tout de même, c'est comme une chose dangereuse qui est là, tapie en toi, et prête à se jeter sur toi, à te plonger à nouveau dans l'angoisse !

        Je comprends que dans ces conditions tu aies l'impression de ne pas t'aimer... quand tu y réfléchis.

        Je comprends aussi que tu te sentes incapable de pardonner, ou même que tu ne veuilles pas pardonner. Rassure toi, pardonner n'est pas une obligation ! Pour l'instant tu ne veux pas. C'est un fait. Il faut accepter les faits. 

        Ce sont des choses dont nous pouvons parler, que nous pouvons exprimer, partager, porter ensemble.

        Tu dis avoir l'envie de connaître, de savoir ce que l'on ressent de marcher main dans la main avec son Papa  . Tu sais, c'est un peu ce que nous essayons de faire en nous parlant ainsi dans nos blogs. Nous ne sommes pas des papas les uns pour les autres, mais nous sommes des frères et des soeurs, et nous marchons ensemble sur ce dur chemin de la vie, en nous donnant la main.

        Tu le sais, je ne fais jamais de bises sur mon blog, sauf à ma fille Dominique. Mais ce soir, Mari jo, je t'embrasse.

         

      • Samedi 20 Janvier à 18:17

        Bonjour pinson,

        C'est compliqué pour moi de m'exprimer. Je ne sais pas ce qu'est l'amour maternel ni paternel d'ailleurs, je n'ai jamais pu dire Maman et Papa. Et d'en parler je vais revivre les sales moments. Je ne m'exprimerai donc pas sur ce sujet car je ne veux pas que ça me fiche en l'air. J'ai fait ma vie sans y penser, j'avais disons, pas oublié car on oublie pas mais mis certainement toute cette méchanceté (qui est un faible mot) que j'aie reçue dans un coin de ma mémoire et je suis devenue une forcenée du travail, c'est pour cela aussi que je ne sais pas m'arrêter. Et plus je vieillis plus ces moments me reviennent et de plus sans que j'y pense. 

        Si j'ai bien compris car j'ai du mal sur ton article qui est pourtant très intéressant, il faut s'aimer soi-même pour aimer les autres. J'ai toujours entendu cette phrase et je ne suis pas vraiment d'accord. Vois-tu moi, je ne m'aime pas et j'aime certaines gens. Je ne vais pas dire que j'aime tout le monde car je ne sais pas si on peut aimer tout le monde. Mais moi, je ne peux pas aimer ceux qui font le mal, qui m'ont fait du mal. Même si parfois ce mal ne me concerne pas, je ne peux pas aimer ces gens qui font du mal aux autres.

        Je n'ai jamais eu l'esprit de vengeance car je pense que le destin se charge de ce "travail" mais je ne pardonne pas. L'esprit de révolte je ne peux pas nier que je ne l'aie pas mais il est simplement côté politique mais c'est autre chose.  Avant je n'avais pas besoin d'essayer d'oublier, je n'y pensais pas maintenant vois-tu dans ma tanière, au milieu de Dame Nature et avec juste le ciel au-dessus de ma tête, je suis bien et j'aime ma vie tranquille et parfois le soir ou la nuit certaines choses me reviennent et me font, me poser beaucoup de questions. 

        Dans mon deuxième paragraphe, je t'écris que je ne sais pas si on peut aimer tout le monde et c'est vrai. Car mon mari lui, vois-tu, pardonnait tout et ça le peinait beaucoup de savoir que je ne voulais pas pardonner à mes "enfants". Il parlait comme toi et bien souvent je t'ai écrit que vous aviez beaucoup de points communs. Je me suis souvent demandé comment il pouvait pardonner certaines choses, faire comme si de rien n'était. Et il y a quelque temps je me suis demandé que pour pardonner tout s'il ne fallait pas tout simplement le vouloir ; vouloir pardonner. Mais voilà, moi je ne veux pas pardonner. J'ai toujours dit que même si je pouvais pardonner je ne le voulais pas. Il y a des choses pardonnables et d'autres non. Mais je crois que je me suis un peu égarée.

        J'admire tes dessins. Le premier qui me fait sourire et le second qui me donne l'envie. L'envie de connaître, de savoir ce que l'on ressent de marcher main dans la main avec son Papa, je suis admirative devant ce dessin. Ta photographie de cette petite fille mangeant du pain et du chocolat, tu l'avais déjà publiée et je l'aime beaucoup. C'est une très belle photographie et c'est vrai que se faire plaisir on en avons tous besoin et un p'tit bout de chocolat, c'est un très grand bonheur.

        J'ai été bien longue et je m'en excuse pinson mais par écrit c'est bien difficile pour moi de m'exprimer.

        Je te souhaite une bonne fin de journée et bise à toi pinson. 

      • Lundi 15 Janvier à 08:30

        - Réponse   à   -  Mari jo21 -  -

        Un vaste sujet, et qui nous touche chacun d'une façon très intime.

        La question de l'amour maternel n'est pas simple et je sais bien qu'il difficile d'en parler. On peut seulement essayer, si l'on veut. Ne te fais donc aucun souci Mari jo.

        Et passe une douce journée.

    24
    Mercredi 10 Janvier à 07:10

    Pour pouvoir aimer les autres, il faut d'abord commencer par s'aimer soi-même...et malheureusement beaucoup l'oublient...quand on s'aime soi-même, on comprend que tout ce que nous faisons de bien  aux autres nous fait du bien à nous aussi...Bonne journée Kasimir !

      • Mercredi 10 Janvier à 19:24

        - Réponse   à   -  gazou  -  -

        Juste.

        Bonne soirée Gazou.

    23
    héléne
    Lundi 8 Janvier à 16:41

    oh.............J'ai oublie d dire combien le dessin de la petite fille dans son reve, plein de douceur m'avait émue;
    quand a m'aimer moi-meme je reflechis......j'aime les autres c'est sur;;;;

      • Lundi 8 Janvier à 19:01

        - Réponse   à   -  hélène.  -  -

        oops ?

    22
    FAN
    Lundi 8 Janvier à 12:08

    ... alors je suis un peu unijambiste... (selon Dr Simone) le père ma manqué. Quant à l'amour de ma mère, parfois mal exprimé... elle n'est jamais parti, elle, la mère, qui savait rester femme aussi, était la toute sa vie! Et côté santé... je n'ai pas fait attention, j'ai toujours des séquelles d'une grippe qui en fini pas... la tête dans le brouillard smile...

    Bon jardinage!

      • Lundi 8 Janvier à 14:23

        - Réponse   à   -  FAN  -  -

        Dire que tu serais unijambiste parce que le père t'aurait manqué serait adopter une vision simpliste de l'évolution psychique. Ce serait méconnaître les prodigieuses ressources dont dispose notre être pour se construire. Le père est manquant ? Ce n'est qu'une apparence car l'enfant est parfaitement capable de s'en choisir un !

        Qui est le vrai père ? Le père biologique ? Ce n'est pas automatique. Le vrai père c'est celui qui assume le rôle qui est celui du père et que l'enfant reconnait (élit) comme tel : comme dépositaire de l'autorité, comme référence morale. Ce peut-être une GP, un oncle, un voisin, une femme même. Bien des institutrices assumèrent ce rôle. 

        Et tel enfant peut sortir d'une enfance en apparence sans père et être cependant parfaitement structuré. 

        A l'opposé, tel autre enfant qui a bien eu un père, mais un père incapable d'en assumer le rôle, peut se trouver, lui, totalement dépourvu de la colonne vertébrale psychique qu'un père digne de ce nom permet d'établir en soi.

        Le départ de la mère... j'évoquais le fait qu'un jour elle peut mourir.

        Quant aux séquelles persistantes d'une grippe, c'est un problème actuel qu'il faudrait résoudre au plus vite !!!

        Pour repartir la tête ferme sur les épaules !

         

    21
    Simone
    Lundi 8 Janvier à 11:01

    C'est sans doute le cas Mr K

      • Lundi 8 Janvier à 13:59

        - Réponse   à   -  Simone   -  -

        smile parfait !

    20
    Danielle
    Lundi 8 Janvier à 10:15

    Bonjour pinson en ce lundi pluvieux, ta méditation sur l'amour et la santé , tes réponses aux commentaires sont de véritables trésors de précision et répondent aux questions que l'on se pose, c'est très rare et j'apprécie. De plus j'aime bien ces images qui argumentent tes mots et j'avoue que j'avais oublié que l'acier est un alliage de fer et de carbone comme la fonte oops et qu'il est fragilisé. On trouve de tout sur ton blog, y compris des citations de Christian Bobin même s'il n'est pas cité !!! Pour en revenir à cet article si intéressant je crois que si on a manqué d'amour, ou si l'on a été insuffisamment aimé dans son enfance peut éventuellement faire naître en soi la crainte de ne l'être jamais, celle de ne jamais éprouver une véritable stabilité intérieure ni un véritable bien-être. On donne le meilleur aux autres comme pour compenser ce qu'on aurait souhaité recevoir mais on s'oublie soi-même et le parcours est souvent difficile car une grande fragilité se cache parfois, un manque de confiance influencé éventuellement par l'environnement (s'il est négatif on se sent vulnérable) Rencontrer quelqu'un d'important à un certain moment aide à se reconstruire, cette personne qui nous aide, qui nous enrichit et nous redonne confiance, celle qui nous permet de savoir nous connaître... Elle peut être un employeur qui nous fait confiance, des collègues qui nous apprécient, un ami, un amour... mais la sincérité est primordiale, absolument nécessaire !!! Pour s'aimer il faut être lucide et s'accepter avec le meilleur et le... moins bon, c'est prendre soin de sa vie et souvent modifier le regard que l'on porte sur soi et pour ça, il ne suffit pas de se plonger dans les livres, de prendre toutes sortes de notes et de les appliquer sans les comprendre, la réalité est autre... la réflexion aussi et elle est tellement plus authentique, plus vraie ! Très belle journée pinson du jardin, tu puises là tant de connaissances. Danielle

      • Lundi 8 Janvier à 11:06

        - Réponse   à   -  Danielle  -  -

        Bonjour mouette. L'être humain est très étonnant. La place de la frustration dans son enfance est capitale, et fait de lui  un être blessé à vie. Si, comme tu le décris, il a été frustré d'amour d'une façon excessive dans son enfance, il est possible en effet que cela génère pour sa vie entière un climat permanent d'insécurité affective. Si à l'opposé il n'a jamais été frustré, mais en permanence comblé comme peut l'être un roi devant lequel tous ses sujets  s'inclinent, le résultat sera opposé mais catastrophique : il va devenir dans sa vie adulte une sorte de tyran à qui tout appartient et devant qui tout le monde doit plier le genou. Lacan parlait à propos de ces sujets d'un manque de manque ! 

        Alors le dosage de la frustration dans l'enfance est difficile, et donc toujours approximatif.

        D'où l'importance en effet des rencontres que nous allons faire par la suite et qui vont, peut-être, rééquilibrer notre navire.

        Importance des rencontres ... et pas des livres lus, je suis bien d'accord. Les livres, ça vient en plus. Les rencontres sont premières.

        Bon lundi Danielle. Et moi je file au jardin !

    19
    Simone
    Lundi 8 Janvier à 06:48

    Quand Hippocrate rencontre Cyrulnik ! Très intéressant Mr K. La grande leçon est que l' amour est la base de tout ce qui fait ce que nous sommes. Celui de la mère oui, mais aussi celui du père qui est important sinon nous sommes unijambistes. Celui pour nous-mêmes, oui tu as raison il faut s'aimer pour prendre soin de soi, c'est nécessaire mais pas suffisant. Je m'aime bien, mais je suis d'une négligence totale vis à vis de moi. mais peut-être parce que depuis les maladies d'enfance qui m'ont construit une belle immunité, je n'ai jamais rien eu à part le choléra. Si j'avais eu un jour une bonne grippe par exemple, je ferais sans doute un peu plus attention, ou pas. Et tout ce que j'ai conseillé, je ne me le suis jamais appliquée. Je suis sans doute un peu débile sarcastic

      • Lundi 8 Janvier à 10:42

        - Réponse   à   -  Simone  -  -

        Tu me fais penser au proverbe :

        les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés.

        Cela peut souligner une part de vérité. Mais pas complètement tout de même. Si nous voyons avec suffisamment de clarté ce qu'il est préférable de faire ou pas, je crois que nous allons automatiquement l'appliquer dans nos vies personnelles, même si ce n'est pas notre souci conscient prioritaire !

        C'est sans doute ce que tu fais, toi aussi (pour l'essentiel !) 

    18
    héléne
    Dimanche 7 Janvier à 15:56

    Ton texte est excellent, mais trop philosophique pour ma nature simple. Je te dirai simplement, avec mon coeur :

     

        SI ECLAIRANTS SOIENT LES GRANDS TEXTES.      - ILS DONNENT MOINS  DE LUMIERE
    QUE LE PREMIER FLOCON DE NEIGE....

      SIMPLISTE SANS DOUTE, MAIS LE MOT LUMIERE SE SUFFIT A LUI MEME.....

    POUR QUE TU REFLECHISSE!S!!!!!!!!!!!

    La na¨ve du blog....

     

      • Dimanche 7 Janvier à 16:35

        - Réponse   à   -  Hélène  -  -

        Trop philosophique mon texte ? 

        Je le reconnais volontiers, mais voilà, je suis comme ça, quand je trouve un réveil, je ne puis pas m'empêcher de le démonter pour voir comment ça marche ! 

        Cependant j'apprécie aussi les flocons de neige, et même la boue dans laquelle je vais aller patauger avec délice ! Et la roche et sa dureté, et la ténacité du bois...

        Bon apm Hélène.

    17
    Aln03
    Dimanche 7 Janvier à 14:41
    Même de la conjugaison avec les verbes réfléchis que je n ai pas sus expliquer si bien que toi.Eh oui je sais qu' il faut s aimer son même.Je ne m aime pas vraiment moi même et parfois je me déteste
    On a dû louper quelque chose dans mon éducation
    Merci pour ce beau texte.Bon à.m
    AMIKAS
      • Dimanche 7 Janvier à 16:23

        - Réponse   à   -  ALN03 -  -

        Bien sûr que quelque chose a été loupé, mais rassure-toi : il y a toujours quelque chose de loupé en nos enfances : l'enfance idéale n'existe pas et nous avons tous nos blessures intimes, même si elles sont bien cachées. 

        Pour reprendre la comparaison avec l'acier, nous avons tous notre dose, plus ou moins grande, de carbone. 

        C'est vrai qu'il n'en faut pas trop, sinon ce n'est plus de l'acier, mais de la fonte ! Et là, la fragilité devient bien trop grande !

        J'arrête mes comparaisons métallurgiques et m'en vais au jardin.

        Bon apm, Nicole.

    16
    Danielle
    Dimanche 7 Janvier à 11:12

    Bonjour pinson, hum, tu commences l'année par nous faire réfléchir sur nous-même, sur l'amour qui nous construit dès la naissance et structure notre être, alors je vais te livrer ma première réaction sans approfondir, j'y reviendrai quand le moment sera propice bien entendu mais c'est vrai que s'aimer soi-même, prendre soin de soi c'est une condition indispensable pour une vie équilibrée. Normalement cette condition primordiale devrait en effet débuter et se construire dès l'enfance, dès le plus jeune âge quand la mère est là pour guider vers cette estime de soi (ou le père éventuellement) mais quand il y a des manques, quand ils ont jalonné une vie, quand on a souffert d'être délaissé, livré à soi-même, négligé... tu ne crois pas qu'il y a des manques, qu'il est difficile de s'aimer soi-même ? Conquérir et trouver l'estime de soi n'est pas une chose aisée lorsque les bases sont inexistantes, lorsqu'on a toujours donné sans recevoir en échange, finalement on s'enferme dans cette situation même si on le garde en soi, intérieurement : celle de l'échec ! Et quand on parvient à se prouver qu'après tout on est capable de belles choses... il y a quand même la blessure tapie au fond de soi, le passé prêt à resurgir de façon inattendue, parfois brusquement, à partir de quelques mots seulement, des mots qui effacent le chemin parcouru, des gestes, . Pourtant cet amour de soi est indispensable pour avancer, retrouver confiance et ne plus penser que la vie ne nous aime pas. Oui pour protéger, aider notre santé psychique et physique, pour acquérir l'équilibre indispensable il faut avoir et garder une vision positive de ce que nous sommes, savoir reconnaître nos qualités et accepter nos défauts, essayer de les corriger du mieux qu'on peut...

    Voilà la première réaction que suscite en moi ton article, j'y reviendrai en lisant plus longuement et en y réfléchissant (dans le calme) et arriver à pouvoir dire : "je m'occupe de moi" quel bonheur ! Des petits mots qui semble ressembler à de l'égoïsme, mais non c'est tout le contraire lorsqu'on arrive à les dire ou à les penser ! Bonne journée pinson, chez nous avec un vent marin très fort et bizarrement règne une lumière très particulière, un peu teintée d'une couleur ocre-orangée... certainement du sable saharien qui arrive sur nos côtes porté par la violence du vent... Bon jardinage ! Danielle

    Une fois de plus le commentaire n'est pas parti, je renvoie

      • Dimanche 7 Janvier à 16:12

        - Réponse   à   -  Danielle  -  -

        Bonjour Danielle. Oui, ces manques issus de l'enfance sont difficiles à "guérir", il faut même dire qu'ils demeurent comme des blessures à jamais inscrites dans la psyché. Comment alors parvenir à s'aimer soi-même quand on ne l'a pas été correctement dans la petite enfance ? 

        Ce qu'on n'a pas trouvé dans le couple parental, on va le trouver ailleurs, dans l'environnement familial proche le plus souvent, et on va "faire avec" ! La puissance de l'amour révèle là son génie, sa force que rien n'arrête ! J'aime bien les images et celle-ci me vient : si on tente d'arrêter l'écoulement d'une rivière, ou même d'un ruisseau, l'échec est certain : l'eau va trouver un autre chemin, et elle passera malgré tous les obstacles. L'amour à la base de notre être possède cette même puissance : il invente lui même le chemin qu'il va suivre !

        Avec un risque, c'est vrai : il y a quand même la blessure tapie au fond de soi, le passé prêt à resurgir de façon inattendue, parfois brusquement, à partir de quelques mots seulement, des mots qui effacent le chemin parcouru . Ceci représente une réelle fragilité. Là encore une image me vient : celle de l'acier. L'acier , c'est du fer, mais qui a été comme blessé dans sa masse par l'ajout d'une quantité variable d'un peu de carbone. Le résultat est que l'acier va devenir bien plus dur que le fer, mais aussi plus fragile. Nos blessures d'enfance nous fragilisent c'est vrai, mais nous rendent d'une autre façon bien plus forts. Alors ne maudissons pas nos blessures d'enfance : elles nous constituent tels que nous sommes, et imaginer ce que nous serions sans elles, c'est comme nous imaginer poisson ou oiseau : le rêve est possible, mais n'a rien à voir avec la réalité.

        J'aime bien ta conclusion : je m'occupe de moi...  quel bonheur  !

        Ce qui n'empêche pas de s'occuper aussi des autres. 

        Mais ça, c'est une autre face de la réalité !

        Bon apm dans ce flux de sud chargé de sable, mais aussi de douceur.

         

         

    15
    Dimanche 7 Janvier à 10:40

    wahou !

    une très grande note que voilà écrite ce jour.

    Si tu permets je vais la faire suivre. JE ME PERMETS yes

    Tu évoques très et trop rapidement la question de l'amour maternel qui pourrait être remplacé par l'amour paternel. PMA,  GPA etc.

    Tu n'évoques pas l'amour futur entre homme et femme, où l'homme essaie de retrouver sa mère (je ne sais plus si c'est chez toi que je l'avais lu ?); ce qui pose toutefois la question inverse : pourquoi la femme rechercherait l'homme, instinct maternel ou attente de la recherche de la mère par l'homme ?

    merci à toi Kasimir

     

    dominique

     

     

     

     

      • Dimanche 7 Janvier à 15:20

        - Réponse   à   -  LMPT73 -  -

        Tu te permets ?

        Voici une utilisation rapide et astucieuse d'un verbe réfléchi !

        L'amour paternel comme équivalent du maternel ? Voici un sujet que je me suis bien garder de développer ! Mais une image me vient : l'amour créateur dont il est question est comparable à la lumière du soleil. Celle-ci peut-être polarisée, devenir soit lévogyre soit dextrogyre. C'est bien la même lumière pourtant. Cette polarisation va avoir mille effets, par exemple permettre à une multitude d'insectes de mieux se repérer dans l'espace, comme les abeilles, les libellules... Cette distinction apparente des amours M et P a sans doute le même intérêt pour l'être humain (simple hypothèse !).

        L'amour sexué, je l'ai de même exclu de ma réflexion. Deux mots quand même à cause de toi ! 

        Oui, l'homme essaie de retrouver sa mère dans la femme , c'est indubitable et donc le moteur de son attrait pour elle (ordinairement !). Ce qui fait de la psychologie masculine quelque chose de relativement simple.

        Pour la femme, c'est très différent et bien plus compliqué ! Le premier amour (attachement) du bébé fille est (comme pour le bébé garçon) la mère. Mais ensuite pour diverses raisons elle va être frustrée (plus que le garçon) par la mère, devoir se détacher d'elle, et va se retourner vers le second personnage qui apparait dans son environnement, à savoir le père. C'est ce qu'on appelle en psychanalyse un "changement d'objet". La mère est par elle perdue en tant qu'objet, mais toute perte d'objet entraine un processus de deuil et une identification. La mère perdue en tant qu'objet devient un modèle d'identification ! La fille est prête alors à devenir mère elle-même. Elle n'a plus à diriger son désir vers la femme : elle est la femme !

        Cette évolution complexe de la psychologie féminine a des conséquences importantes, et d'abord que la femme est très souvent bien plus évoluée affectivement que l'homme. En effet elle a dû accomplir ce "changement d'objet", difficile mais salutaire, qui a étyé épargné à l'homme. Ainsi les hommes affectivement immatures sont-ils, eux, très nombreux, et beaucoup même encore bien trop attachés à leur mère. Ce qui va avoir des conséquences désastreuses dans la vie du couple qu'ils formeront peut-être.

        Bon , j'ai encore cédé à la tentation d'expliquer, ou du moins d'essayer !

        Et c'est toi le tentateur !

        Bon dimanche Dominique.

         

         

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