• - Puissance de la douceur -

     

     

     

    Puissance de la douceur

     

     

     

    Un couple de jeunes indiens s'était installé près d'un torrent

    et ils vivaient là dans leur tipi.

     

    -  Puissance de la douceur  -

     

     

    Ils avaient pour tout compagnon un chien sauvage

    L'homme était un chasseur. Mais il avait un grave défaut : il était souvent de très mauvaise humeur. Pour un rien il se mettait à grogner, à gronder et à hurler.

    Sa jeune femme le supportait, se disant, quand il grognait :  il est peut-être comme notre chien sauvage , et quand il grondait :  il est peut-être comme le torrent qui gronde au début de l'été , et quand il hurlait : il est peut-être comme le vent qui hurle parfois dans la forêt .

    Alors elle patientait, se disant que le chien sauvage finissait bien par devenir plus doux, que le torrent se calmait lui aussi quand les neiges avaient fini de fondre, et que le vent hurleur lui-même, au bout de quelques jours, redevenait une brise légère. 

    Mais un jour elle a vraiment été à bout, et elle a décidé de partir. Ce matin là elle s'est levée juste avant le soleil, a quitté sans bruit le tipi, et s'est mise à marcher sur le chemin qui monte vers le vieil arbre foudroyé, s'est engagée dans la forêt de mélèze, l'a traversé et est descendue ensuite vers le grand lac. Elle a continué de marcher d'un pas rapide, décidé. Cette fois ci elle en avait vraiment assez.

     

    -  Puissance de la douceur  -

     

     

    Quand l'homme s'est  réveillé, il n'a pas trouvé sa femme et s'est mis à grogner. Le petit déjeuner n'était pas prêt, et il s'est mis à gronder. Il l'a appelée et personne n'a répondu, alors il s'est mis à hurler. Il s'est finalement mis à crier : elle va voir ce qu'elle va voir quand elle va rentrer ! Mais la matinée s'est passée et elle n'est pas rentrée. L'après-midi est passée, et elle n'est toujours pas rentrée. Le soir s'est passé lui aussi, et elle ne rentrait toujours pas. Très en colère, l'homme s'est couché en grognant, en grondant et en hurlant.

    Et le matin quand il s'est levé il a commencé à nouveau par grogner comme son chien sauvage, à gronder comme le torrent après un orage, et à hurler comme le vent furieux dans les bois. Mais la journée se passant, il a commencé à devenir inquiet et triste. 

    Le matin du troisième jour, il s'est réveillé plus triste qu'en colère, et il a hésité à reprendre ses grognements. Finalement il s'est dit qu'il faudrait mieux qu'il essaie de retrouver sa femme.

    Il est sorti du tipi et a été voir son chien sauvage. " As-tu vu où est partie ma femme ? " Le chien lui a répondu en grognant qu'il n'avait rien vu et n'en savait rien, que de toute façon ce n'était pas son affaire, et il a repris son os de caribou.

    Alors l'homme a été voir le torrent grondeur. " Torrent grondeur, as-tu vu ma femme ? ". Le torrent grondeur lui a dit que non, que ça n'était pas son affaire, et il s'est précipité vers la vallée en grondant.

    Alors l'homme a voulu aller voir le vent hurleur dans la forêt, mais ce matin là il n'y avait pas de vent. Alors il s'est tourné vers le soleil qui venait juste de passer au-dessus du sommet des bouleaux.

    " Oh doux soleil du matin,

    pourrais-tu me dire où est partie ma femme ?

    Ah, ta femme, je l'ai vue hier, mais bien loin d'ici.

    Je ne puis te dire où, car elle ne veut plus te voir : 

    tu grognes, tu grondes et tu hurles trop, alors elle a décidé de te quitter et elle marche d'un bon pas : tu ne la reverras plus. "

    Alors l'homme a supplié le soleil, lui a promis de ne plus grogner, gronder, hurler. Le soleil a vu qu'il avait l'air sincère et finit pas dire :

    " Ecoute, je te crois, et je voudrais bien t'aider. Mais je crois que c'est trop tard : elle est loin d'ici et marche vite. Elle ne veut vraiment plus vivre avec toi. Je crois que tu ne la reverras plus. "

    Alors l'homme s'est jeté à terre et a éclaté en sanglots.

    C'était la première fois de sa vie que ça lui arrivait. et le soleil en a été tout ému et bouleversé, et tout le ciel autour de lui. Il n'y avait pas de nuages ce matin là, sinon c'est sûr qu'il se serait mis à pleuvoir.

    " Ecoute, dit le soleil, je vais essayer de t'aider.

    Elle a pris le chemin qui monte vers l'arbre foudroyé, puis traverse le bois de mélèze, et  ensuite descend vers le grand lac. En ce moment je l'aperçois qui sort du bois de mélèze. Je vais essayer de ralentir sa marche, et toi essaie de marcher le plus vite que tu peux. "

    Mais que faire ?

    Le soleil ne pouvait pas envoyer la foudre car il ne voulait pas faire peur à la femme. Or il la voyait marcher sans ralentir.

    Alors il réfléchit... et il a une idée. 

    Il fait pousser des ronces sur le chemin qu'elle suit, avec de beaux fruits bien mûrs, brillants. La femme voit ces fruits. Elle les connait, car il y en a vers le tipi, et elle les aime. Mais elle ne s'arrête pas.

    Alors le soleil fait pousser sur le chemin lui-même un tapis de myrtilles. La femme connait aussi ces fruits et les aime, mais elle ne s'arrête toujours pas, marche dessus en écrasant les fruits.

    Alors le soleil réfléchit encore. Et il invente des petits fruits rouges très parfumés. Leur parfum vient aux narines de la femme, et chacun sait que les femmes sont très sensibles aux parfums. Alors elle ralentit et aperçoit ces fruits un peu allongés qui ont la forme de petits coeurs. Cette fois elle s'arrête et en goûte un. Humm ...  ! Alors elle en mange deux, trois, dix, vingt ...quel délice ! 

    Alors, cette fois, elle s'arrête, toute pensive.

    Et voilà qu'elle pense à son mari. Dans le fond il avait aussi de bons côtés. Oui, il grognait, grondait et hurlait, mais aussi il jouait si bien de la flûte, et il savait lui apporter de beaux bouquets de gentianes bleues,  et puis il savait lui faire des caresses ... 

    Alors elle se met à cueillir des tiges de saule,  à tresser un panier, et ce panier, elle le remplit de fraises, puis elle revient sur ses pas ! Elle marche, elle marche, elle traverse le bois de mélèze, et juste quand elle en sort, elle rencontre son mari. Ils se sont jetés dans les bras l'un de l'autre et elle lui a fait goûter le nouveau fruit ... Humm ! 

     

    -  Puissance de la douceur  -

     

     

    Ils sont revenus au tipi, et comme dans sa précipitation elle avait arraché quelques pieds de cette plante qui donne des fruits en forme de coeur, elle les a replantés autour du tipi, et depuis lors il y a des fraises dans toute la région.

    Eux ont appelé ces fruits "coeur d'amour" ou "fruits du soleil" et c'est vrai que chaque matin, quand le soleil se lève, il envoie ses chauds rayons sur ces beaux fruits, et aussi sur le tipi où l'indien et l'indienne vivent des jours heureux.

     

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  • Commentaires

    19
    Jeudi 30 Juillet à 17:46

    OHH, j'ai pris le temps de lire ce joli conte malgré la chaleur!! Hum si seulement les fraises ensoleillées pouvaient rendre heureux les couples dont le mâle ne cesse de râler et d'être toujours à jouer les hommes de caverne!!!Hélas, on peut rêver!! et d'ailleurs, les femmes aussi savent rouspéter, donc, il faudra un conte ou c'est la femme qui râle!!hihi  Bisous Fan

      • Jeudi 30 Juillet à 18:36

        Réponse à   ISIS - - -- - - --

        Ah j'aime beaucoup cette allusion à l'homme des cavernes ! 

        C'est bien probable en effet que la violence actuelle de certains homme, et leur propension bien plus générale à commander, réduisant l'épouse à un rôle secondaire (celle qui doit obéir) fait penser à ces âges primitifs (c'est du moins ce qu'on s'imagine).

        Ce serait donc une survivance de ce lointain passé ?

        Il serait en effet urgent que nous évoluions sur ce plan là. 

        Oui, que ce soit parfois la femme qui adopte cette attitude arrive, mais c'est vraiment très rare. 

        Bisous pour vous ISIS.

    18
    Simone
    Lundi 27 Juillet à 19:00

    Quel joli conte et cette dernière image éclaboussée de soleil et d'optimisme me plait beaucoup. Moi je pense que dans la vie cela arrive à la condition que l'amour soit assez fort.

    Bonne soirée Mr K.

      • Lundi 27 Juillet à 20:33

        Réponse à   Simone- - -- - - --

        mais je l'espère bien, que ça arrive, au moins de temps en temps.

        Sinon il serait bien pénible de vivre !

        Belle soirée pour toi aussi et heureuse nuit.

        N'attrape pas froid.

    17
    Lundi 27 Juillet à 18:29

    bonsoir Kasimir, désolée je n'arrive pas à lire ton nouveau articles, le conte russe, une erreur c'est passé,

    à moins tu ne voulais pas encore le publié?

    Belle soirée à toi

    Monika

      • Lundi 27 Juillet à 20:30

        Réponse à   Monika - - -- - - --

        C'est ça Monika : c'est un conte que je suis en train d'écrire, mais il n'est pas encore présentable !

        Bonne soirée amie, au-dessus du lac d'été.

    16
    Lundi 27 Juillet à 17:52

    Je reviens te souhaiter une bonne fin de journée pinson car c'est une erreur l'article d'aujourd'hui.

    Bise avec toute mon amitié.

    15
    Lundi 27 Juillet à 17:50

    Bonjour pinson,

    Encore une joli conte et toujours bien illustré par tes superbes dessins et j'aime beaucoup son titre : puissance de la douceur. 

    C'est vraiment très désagréable de vivre avec une personne qui crie, hurle pour un oui pour un non bref, il est toujours de mauvaise humeur. On finit par appréhender. Le ras le bol arrive et c'est normal. L'homme réfléchit et met de l'eau dans son vin comme l'on dit et la femme, elle, réagit au parfum de ce petit fruit en forme de cœur et ils se retrouvent tous les deux en chemin, face à face et retombe dans les bras l'un de l'autre, comme c'est beau. Ah! Ce comportement doit bien arriver dans la vie, rarement certes mais il doit bien arriver. Il faut admettre que bien souvent ça ne se passe pas ainsi. L'homme part à la recherche de sa femme mais ça n'est pas par amour loin de là mais par fierté et surtout par orgueil car il n'accepte pas d'être quitté. 

    Je préfère rester sur cette la belle fin de de conte car les contes sont fait pour nous faire rêver et penser à ton titre : puissance de la douceur. La puissance de la douceur de ce petit fruit rouge. Puissance est un très joli mot.

    Puissance de la douceur, ça pourrait faire un devoir de philosophie je trouve.

    Que tes dessins sont beaux, je suis toujours en admiration, je les regarde un moment tu sais, ce qui est normal puisqu'ils illustrent tes contes, tes articles, je pénètre facilement en eux. Merci pinson pour ces bons moments où je m'évade dans tes récits.

    Je poursuis ma visite sur le conte d'aujourd'hui.

    Bise pour toi pinson.

     

      • Lundi 27 Juillet à 20:28

        Réponse à   Mari jo 21 - - -- - - --

        Je suis content que tu le comprennes ainsi : c'est un moment de douceur que nous nous sommes octroyé ! Et pas pour résoudre de grands problèmes.

        Ah oui, l'autre annonce, c'est une erreur de programmation. 

        Bisous Mari jo.

    14
    lenez o vent
    Lundi 27 Juillet à 08:37

    C'est un conte qui fait rêver , optimiste et agrémenté de tes dessins colorés.

    La réalité est parfois différente, gardons la douceur de ce cheminement

     

    Journée au mieux Pinson

    je t'embrasse

      • Lundi 27 Juillet à 09:39

        Réponse à   lenez o vent - - -- - - --

        C'est bien cela, Armel, gardons la douceur de ce cheminement

        comme une possibilité, et qui parfois se réalise.

        Alors quelle grande joie !

        Bisous et bonne journée pour toi aussi.

    13
    Danielle
    Dimanche 26 Juillet à 21:24

    Bonsoir pinson, un joli conte et de très beaux dessins, j'aime beaucoup le dernier avec ses couleurs chaudes, il exprime l'espoir de jours meilleurs pour ce couple qui se retrouve ! Cette jeune femme a bien longtemps patienté et espéré un changement dans l'attitude de son mari. Combien de femmes ont-elles attendu ainsi avant de prendre une décision de séparation lorsque la vie commune semble intolérable, que la vie commune est trop souvent ponctuée de grognements et de hurlements. Parfois la coupe déborde, le couple se sépare et les choses ne finissent pas toujours aussi bien que dans ce conte. Les bonnes résolutions fondent parfois comme neige au soleil. La jeune femme change d'avis en savourant un fruit nouveau très parfumé et délicieux et réalise alors que son mari sait être attentionné et tendre ! La douceur délicate des fraises les réunit à nouveau ! La réalité de la vie est bien différente car ce changement durera-t-il ? Pas évident mais pourquoi pas ? C'est peut-être possible, on réalise parfois ce que l'on a perdu et on regrette mais l'évolution sera-t-elle solide et définitive ? Espérons que l'euphorie ne soit pas passagère et que l'harmonie soit rétablie et durable, il faudra certainement que les deux personnes fassent de gros efforts pour cela... qu'ils avancent l'un vers l'autre sereinement, c'est la clé de la réussite. Bisous pinson, bonne nuit, merci de ce moment de douceur. Danielle

      • Lundi 27 Juillet à 06:52

        Réponse à   Danielle - - -- - - --

        Voilà, tu as compris : je voulais seulement vous offrir un moment de douceur et d'optimisme. Quant à savoir si dans la réalité ça se passe (souvent) comme ça.... non, je ne suis pas si naïf ! Il ne faut pas non plus en nier la possibilité, car ça serait désespérant.

        Bisous et bonne journée Danielle.

    12
    Cybèle
    Dimanche 26 Juillet à 19:41

    Bonsoir Pinson

    Très joli conte pour bien commencer la semaine tout en douceurEmoji

    Mon  enfant intérieur a la joie de vous faire découvrir la chorale  "Les enfantastiques "

     

    https://lesenfantastiques.fr/
    Que de joie dans cette cocréation où les grognements n'ont pas leur place !!!
    À Échirolles, les seuls grognements que l'on aimerait entendre sont ceux du ciel,on attend la pluie Emoji Emoji  Emoji    avec impatience !!!
    Les enfantastiques ont retrouvé la recette du bonheur !!!
    https://www.youtube.com/watch?v=MB7IQoFY9cc

    Belle découverte et bonne semaine !

    Cybèle 

      • Dimanche 26 Juillet à 20:42

        Réponse à   Cybèle - - -- - - --

        Merci Cybèle ! 

        Que ça fait du bien d'entendre tous ces jeunes enfants chanter.

        Chanter leur foi en l'amour  et en la vie.

        Ah s'ils pouvaient réaliser entre eux des unions plus sereines que celles qu'ont parfois vécu leurs ainés ! Ce serait la naissance d'un nouveau monde. 

        Utopie ? Oui, peut-être, mais sans hésitation croyons à la possibilité de ce nouveau monde. 

        Bonne semaine Cybèle.

    11
    Dimanche 26 Juillet à 19:22

    ... quel joli conte pour ce dimanche soir, les couleurs de tes dessins sont sublimes! Et ce chemin dans la verdure, je me suis promener un moment, pas trop loin quand même, je ne voulais pas déranger leur retrouvailles surtout que le chien sauvage grogner au fond...

    Merci pour ce conte et des bisous doux si si, pour ce soir!

    Monika

      • Dimanche 26 Juillet à 20:29

        Réponse à   Monika - - -- - - --

        Merci de l'accueil positif que tu fais à ce conte. 

        Je sais qu'on peut facilement l'accuser d'être bien trop optimiste.

        Mais c'est cet optimisme qui permet au monde d'avancer. L'optimisme c'est la foi en l'amour et au progrès possible en amour.

        Ici les deux évoluent = changent quelque chose en leur coeur.

        Ce qui pousse l'homme à changer (pour la première fois il "craque") c'est la prise de conscience soudain qu'il ne "possède" pas sa femme : qu'elle peut réellement lui échapper. Ce qui touche la femme c'est la découverte de cette saveur nouvelle ... et pourquoi alors sa relation d'amour avec cet homme ne pourrait-elle pas elle aussi s'enrichir d'une autre saveur, complètement nouvelle ? Monter d'un cran ? 

        Je prends les bisous doux (marre de cette inhumaine ukase de "distance" imposée) et t'en fais à mon tour.

    10
    Dimanche 26 Juillet à 17:51

    c'est beau mais la réalité est souvent bien différente

    et souvent on est à la fois ou tour à tour la douceur et la mauvaise humeur

     

      • Dimanche 26 Juillet à 20:06

        Réponse à   LMPT73 - - -- - - --

        Bien sûr la "réalité" des relations (des relations dans un couple) est souvent très différente. Promettre de ... n'est pas une assurance qu'un vrai changement va s'opérer.

        Mais il faut aussi laisser une place à la réalité d'un changement, à sa possibilité d'un changement, et là ce ne sont pas des menaces qui ont opéré, mais un don en plaisir, et en la remontée des bons souvenirs.`

        O K : ce n'est qu'un (petit) conte.

        Mais il ouvre sur l'espoir.

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