• - Sète 8 - Les salins de Villeroy 2 : leur récent passé -

     

     

     

    suite... 

     

     

     

          Regardez les curieuses rangées de piquets de bois  

    qui bordent cette pièce d'eau. 

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

    Quelle était leur fonction ?

     

    J'ai cherché sur le Net

    et j'ai trouvé un document concernant un autre site :

    celui des Salins des Pesquiers, sur les îles d'Hyères.

     

    Le lieu est équivalent : même région, même période.

     

    Il semble bien que des rangées de piquets soient présentes.

    Quel rôle jouaient-elles dans la récolte du sel ?

    Et ces rangées sont-elles comparables ?

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

     

     

    Comment obtenait-on ce sel ?

     

    Au début du printemps on faisait rentrer l'eau de l'étang dans ces bassins,                    puis on les fermait.

    Tout l'été le vent et le soleil provoquaient une évaporation intense.

    Des cristaux de sel apparaissaient et se déposaient sur le sol

          sur ce que l'on appelait des " tables salantes ".

    Fin septembre, on rassemblait ce sel en tas.

     

          On en chargeait des wagonnets.

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

    En contemplant aujourd'hui ces zones un peu désolées

    il est difficile de se représenter l'activité intense qui régnait ici ! 

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

    De même on se représente difficilement

    combien ce travail était dur.

     

    Le soleil brûlant la peau,

    l'effort musculaire intense, en pleine chaleur,

    la morsure du sel lui même...

    la moindre éraflure se transformant en crevasse douloureuse.

     

     

    Il fallait entretenir les canaux qui amenaient l'eau salée,- Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

    entretenir les digues qui délimitaient les bassins,

    en construire de nouvelles,

    et c'est peut-être à cela que servaient ces rangées de piquets :

    à retenir le sable utilisé pour les édifier.

    Je crois qu'on appelait ces petites digues des " Quérels ". 

          Et il fallait transporter tout le sel collecté avant que les pluies 

    d'arrière saison ne surviennent.

       

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

    Tout cela est inscrit dans le sol.

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

    Tout alors se faisait à la main,

    à la force des bras.

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

      

    L'eau qui reste maintenant dans les zones non ou peu reliées à l'étang est pour partie (variable) de l'eau de pluie. 

    Pourtant elle garde le souvenir du sel

    car le sol en est encore imprégné.

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

     

    Et c'est la raison pour laquelle la végétation ne peut pas encore pousser sur l'emplacement des anciennes " tables salantes ".

     

     

    Bien sûr je suis descendu

    pour goûter cette écume blanche... 

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

    C'est bien de la mousse de sel.

    Un vrai délice ! 

     

     

     

    Derrière ce paysage, sur cette zone immense,

    le souvenir des travailleurs du sel demeure.

     

     

    L'extraction se poursuit non loin d'ici,

    vers Aigues-Mortes,

    mais cette fois avec des machines puissantes,

    et à une échelle industrielle.

     

    Ici, ce n'était que des hommes, armés de pelles.

     

    Des hommes qui formaient des équipes solidaires.

    Des hommes qui étaient fiers de ce qu'ils faisaient !

     

     

    Revoici  l'homme au béret : c'est la même photo.

    Il est le deuxième en partant de la droite.

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

    C'est le Papé de Danielle.

     

    Aujourd'hui des grues se dressent  à l'entrée de ces territoires 

    où ces hommes maniaient la pelle et poussaient les brouettes.

      

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

     

    Des lotissements vont être construits, 

    et faire disparaître une partie de ces anciennes pièces salines... 

    chargées de souvenirs.

      

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

    Un mot encore.

     

    Ces hommes n'étaient pas que des travailleurs du sel.

    Ils soignaient aussi la vigne

    avec amour, passion même.

     

    Ici une équipe d'hommes et de femmes pendant les vendanges.

     

    Et le Papé est encore là, avec son éternel béret. 

    Ces mêmes hommes, et femmes, 

    étaient aussi agriculteurs :

    ils cultivaient les asperges,

    plantes qui aiment beaucoup le sable.

     

     

    En fait, ils travaillaient tout le temps :

    ce sont ces travailleurs qui ont construit notre pays.

     

     

     

    - Sète 8 - Les salins de Villeroy  2  :  son récent passé -

     

     

     

     

    Sur cette photo jaunie

    je vous quitte pour aujourd'hui.

     

     

     

     

     

    ***


  • Commentaires

    14
    Simone
    Mardi 11 Octobre 2016 à 17:40

    Me revoilà après un week-end un peu pourri par une mégère. J' aime beaucoup cet article Mr K. j' y apprends des choses que j' ignorais ou auxquelles je ne pensais pas. Ces travailleurs du sel étaient admirables de vaillance et de courage, et leur travail à la vigne les rapproche de ceux de chez moi.....avant les machines

    Mais comme tu dis Mr K ce sont eux qui ont fait cette France que nous devons défendre becs et ongles, et heureusement, il en reste pour résister et nous sauver. Si l' on prête bien l' oreille on les entend déjà gronder.
    Bises

      • Mardi 11 Octobre 2016 à 19:08

        Réponse        à     Simone      --

        Un travailleur courageux et sincère est toujours admirable, quelque soit le métier. Il n'y a pas de petits métiers qui seraient méprisables ce qui justifierait des salaires dérisoires, et d'autres qui seraient si importants que cela mériterait des salaires royaux ! Et tout en haut de l'échelle des honneurs ce que reçoivent les sénateurs et autres profiteurs. Je crois que notre civilisation n'a pas une juste échelle des valeurs. Bonne soirée Simone. 

    13
    Danielle
    Lundi 10 Octobre 2016 à 09:58

    Bonjour pinson et ALN, bonjour à tous en ce premier jour de la semaine. Tu sais Nicole, ça me fait vraiment plaisir de confier ces photos personnelles à Pinson, ces photos familiales jaunies sont un trésor pour moi, tout ce qui me reste d'un passé vieux d'un demi-siècle car je n'ai pas la chance de posséder comme toi des beaux clichés en "gros plan", j'aurais tellement aimé. Tes souvenirs familiaux sont superbes, les miens sont beaucoup plus "flous" même s'ils sont nets dans mon coeur et je n'ai uniquement que de rares photos prises dans un cadre professionnel, aucune d'une réunion familiale et ça... c'est mon grand regret ! Et tu vois si les tables salantes n'existent plus, leur emplacement est toujours le même et lorsque nous les arpentons avec pinson, on ressent la présence des infatigables travailleurs du sel, je crois qu'elle ne disparaîtra jamais tout à fait, elle fait partie de la vie de ces lieux ! Bonne journée Nicole, belle journée à toi pinson du Gâtinais. Danielle

      • Lundi 10 Octobre 2016 à 10:47

        Réponse        à     Danielle      --

        Bien sûr nous aimerions avoir le plus possible de documents photographiques témoignant de ce passé qui s'éloigne et risque de s'évanouir dans l'oubli.  Ce souhait nous fait nous demander ce qu'est le souvenir. Je pense qu'il est quelque chose de vivant. On ne peut même pas dire qu'il se situe en nous sous forme d'images. Ce souvenir vivant, c'est nous-mêmes, ce que nous sommes ! Alors à quoi servent les photos que nous possédons (ou pas) ? Et bien à communiquer entre nous, à mieux partager nos émotions profondes. Et c'est pourquoi je te remercie Danielle de m'avoir permis de publier ces précieuses photos car elles nous aident à comprendre ce qui s'est passé là : une belle aventure humaine. 

        Bonne journée Danielle et Nicole. 

    12
    Dimanche 9 Octobre 2016 à 19:06

    Un article qui décrit bien " l'Avant" et le "maintenant " de Villeroy .Merci à Danielle de t'autoriser à mettre ces photos familiales sur ton blog .

    Bonne soirée

      • Dimanche 9 Octobre 2016 à 19:34

        Réponse        à     ALN 03     --

        Pour Danielle, en effet, ces photos jaunies ont une immense valeur tu t'en doutes !

        Et c'est vrai que le contraste entre l'état actuel et ce que révèle ces photos est ... comment dire ? troublant. Comment une réalité vécue aujourd'hui peut-elle être entièrement gommée très peu d'années après ? C'est évidemment ce que nous constatons. Mais pouvons non le comprendre? Moi, je ne comprends pas. 

    11
    Samedi 8 Octobre 2016 à 18:00

    Reportage très intéressant !  Merci !

    Bien sûr qu'il y a encore des gens qui aiment faire leur travail le mieux possible, il est bon de  le dire

      • Samedi 8 Octobre 2016 à 18:45

        Réponse        à     Gazou     --

        Heureusement qu'il y en a encore ! 

        Ce n'est cependant pas ce qui est le plus valorisé dans notre civilisation actuelle, et c'est bien dommage !

        Bon week-end Gazou.

    10
    L.N.
    Samedi 8 Octobre 2016 à 11:22

    Excellent reportage! Il me rappelle les marais salants de  RE, et les petits tas de  immaculés au soleil qui s'égrènent le long des bassins. Il y a toujours des travailleurs, souvent jeunes  qui continuent la tradition, un métier dur, mais si prés de la nature. J'ai parcouru en vélo tous ces bassins, et j'aimais discuter de leur travail  avec ces irréductibles. Bonne journée  dans l'ambiance du Gâtinais....sans sel!!!

      • Samedi 8 Octobre 2016 à 13:26

        Réponse        à     L N     --

        L'île de Ré est ton domaine ! 

        Pas de tas de sel marin dans mon jardin, mais sur ma table, si ! 

        Et je l'apprécie beaucoup . 

        Bonne fin de semaine Hélène. 

    9
    Samedi 8 Octobre 2016 à 10:02

    un reportage et une enquête intéressants, bien documentés

    dominique

      • Samedi 8 Octobre 2016 à 10:41

        Réponse        à     LMPT 73     --

        Merci Dominique.

        Bon week-end.

    8
    Danielle
    Samedi 8 Octobre 2016 à 10:00

    Bonjour pinson, que cet article est beau et juste, il est écrit avec beaucoup de délicatesse et de vérité... et il évoque bien l'intense activité de la récolte du sel qui se faisait à la pelle, déposé dans les brouettes, mis en tas pour rejoindre les wagonnets au prix d'effort presque surhumains. Ah ces photos jaunies retracent le passé, au temps où les travailleurs se donnaient à fond, silencieux, efficaces et volontaires, ils allaient jusqu'au bout de leurs forces avec une espèce d'acharnement et une ardeur incroyables, ils étaient passionnés par ce travail si pénible pourtant et ils en étaient fiers conscients qu'ils construisaient la vie et l'avenir à la force de leurs bras, ils croyaient à ce qu'ils faisaient, les pauvres seraient bien déçus maintenant (!). Je le revois encore mon papé rentrer le soir épuisé mais si content "c'était une bonne journée" avec son éternel sourire aux lèvres malgré ses traits si marqués par une immense fatigue après avoir travaillé du lever du jour à la tombée de la nuit, labeur seulement interrompu pour manger frugalement et boire une eau presque chaude même si la bouteille était enveloppée dans du papier pour essayer de l'isoler un peu de la chaleur implacable des lieux. Sur les photos on voit encore l'emplacement des anciennes pièces salines, celui des "canalettes" qui amenaient l'eau. Et quand on s'y promène pinson le sel est encore là sous nos pas, tant d'images surgissent. Ces mains de travailleur entaillées, blessées par les crevasses, rongées par le sel... ces souvenirs me font venir à la fois les larmes aux yeux et un sourire de fierté car on peut dire que ces hommes ont bâti ces lieux, leur souvenir est là bien présent, penchés sur leur besogne et ne levant la tête qu'au passage bruyant d'un vol de flamants roses ou des hérons. L'homme, la nature, profondément liés, entrelacés presque... Avec un soupir de nostalgie, je te souhaite une très bonne journée, pardon si j'ai été un peu longue ! Danielle  

      • Samedi 8 Octobre 2016 à 10:38

        Réponse        à     Danielle      --

         Tu n'as pas été trop longue, car le sais la charge affective de ces photos jaunies (qui sont tiennes) pour toi. Elles sont le témoignage d'un passé  où l'effort, la sincérité, l'honnêteté et l'ardeur, étaient des valeurs qui éclairaient la vie. La nature dans sa splendeur était respectée, servie, entretenue, comprise, et non pas exploitée à outrance avec seulement le souci d'un profit financier, la volonté de devenir riche de toutes les façons possibles, et sans trop se fatiguer. 

        Il y a encore heureusement des travailleurs de cette sorte. Ce matin même un forestier est venu chez moi, et j'ai vu ce qu'était un travail bien fait par un ouvrier compétent et courageux : je l'ai admiré.       A 8 heures il était au travail. A 10 heures, il avait terminé : un travail de Titan que je n'aurais pas pu réaliser moi-même en moins d'une année !

        Ce sont des personnes comme cela qui ont fait la France.                   Ce sont des personnes de ce genre qui la sauveront, je l'espère.

        Bonne journée Danielle.

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