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- Affolement -

 

 

Affolement

 

 

 

 

Je marchais ce jour là dans une région assez imprécise. 

 

Sur mon chemin une maison était ouverte

dans le but évident que les passants la visitent.

Journée porte ouverte ?

 

 

 

- Affolement -

 

 

 

 

J’y suis entré. 

Elle était tenue par des hommes qui semblaient être bouddhistes,

peut-être Zen, Tibétains, je ne sais trop....

 

Chacun d’eux tenait une sorte de stand

où étaient présentés des objets de culte, ou artistiques, ou utilitaires.

 

 

Ces gens avaient l'air assez sympathiques

et suffisamment originaux pour susciter une certaine curiosité.

 

Rien cependant n'avait véritablement attiré mon attention dans leur étalage. 

 

 

 

Mais sans que je m’en rende bien compte ...

 

les lieux ont changé

 

et également mon comportement.  

 

 

Je me suis retrouvé moi-même derrière une table

en train de fabriquer des objets, objets que j'exposais sur cette table. 

Mais pas seulement des objets...

des textes peut-être,

 

comme si je voulais démontrer quelque chose, 

expliquer, faire voir....

 

 

 

A nouveau les lieux ont changé :

 

peu à peu j'ai réalisé que j'étais dans un train.

 

 

 

Mais un train très particulier : les wagons étaient très larges. 

En fait comme les pièces de cette maison.

 

Et ce train roulait.

 

Je sentais les trépidations de la voie.

 

J’avais déballé tous mes bagages ,

 

tout installé à même le sol du wagon,

 

afin de faire aisément tout ce que je voulais faire,

et de le faire voir à tous les voyageurs qui ne cessaient pas de circuler autour de moi.

 

 

 

 

Mais soudain...

 

j’ai su que j’allais bientôt arriver dans la gare où je devrais descendre.

 

Oui, où je devrais absolument descendre,

 

sans la moindre contestation possible...

 

 

 

Le train s’y arrêterait un temps assez bref,

puis repartirait.

 

 

 

 

- Affolement -

 

 

 

 

 

 

 

Tous les voyageurs semblaient prêts à descendre

et ne se faire aucun souci

 

mais pas moi.

 

Affolement !

 

 

Je cherchais alors à rassembler précipitamment tout ce que j’avais sorti. 

 

Mais je n’y arrivais pas. 

 

 

Ce que j’essayais de ranger dans des valises s’en échappait aussitôt.

 

Je n’arrivais à rien, il y avait des objets partout. 

 

 

Je le savais :

 

 

le train allait bientôt arriver dans la station

sans que je sache exactement quand 

et j'allais devoir en descendre

sans rien pouvoir emmener.

 

 

 

 

 

C’est alors que je suis sorti de mon rêve

et me suis partiellement réveillé...

 

 

 

 

***

 

 

J'ai fait ce rêve il doit y avoir un ou deux ans.

Je l'avais noté sur une feuille de papier que je viens de retrouver : il en traîne comme ça pas mal.

Souvent je ne comprends plus du tout les phrases que j'avais notées en vitesse : le rêve s'est envolé.

 

Mais là le rêve s'est présenté à moi dans toute sa vivacité, comme un rêve de cette nuit,

un rêve toujours actuel.

 

 

Que voulais-je faire au juste ?

ce n’est pas clair du tout.

 

 

Le sentiment dominant, pénible, angoissant même,

était de n’être pas prêt à descendre du train, 

et dans l’incapacité de m’y préparer,

donc dans l’obligation d’en sortir bientôt en abandonnant tout.

 

 

 

Il m’est apparu aussitôt, même seulement à moitié réveillé,

que cela représentait ma vie.

 

 

J’ai commencé beaucoup de choses

avec certes l’intention de les terminer, mais cela ne sera pas possible.

 

Je vais devoir tout abandonner.

 

 

Ne serait-il pas sage ....

de me préparer à descendre ?

 

 

 

Mais comment être prêt à quitter le train de la vie ?

 

Comment s'y préparer ?

 

Si c'est dans l'espoir de garder avec soi quelques bagages  

bien remplis de l'essentiel,  

cet espoir est vain.

 

Alors que faire ?

 

 

D'abord ranger et nettoyer les lieux : 

façon de s'alléger.

C'est je crois ce que je fais en ce moment

en nettoyant mon terrain,

ma maison

en faisant un tri drastique de tout ce que j'ai accumulé,

 

y compris dans mon ordi : saturé de documents inutiles !

 

Y compris dans mes relations

dont beaucoup sont ... disons, un peu trop bancales.

 

Y compris, finalement, en moi-même...

 

 

S'alléger le plus possible,

 

donner, transmettre,

 

et s'en aller.

 

 

 

- Affolement -

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

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