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- Plume -

 

 

Il était une fois une petite fille si légère qu'on l'avait surnommée Plume.

Plume aimait beaucoup grimper dans les arbres.

Elle y passait de longs moments. 

Un jour...

alors qu'elle était installée dans son arbre préféré, un grand cèdre, elle se mit à pleurer.

Car tous les oiseaux pépiaient follement à travers la campagne.

Des papillons de toutes couleurs voletaient autour d'elle.

Le soleil lui-même semblait avoir des ailes.

Elle était seule à n'en pas avoir.

Seule...

 

Soudain elle sentit sur ses joues...

une petite langue râpeuse et une petite patte soyeuse essuyer ses larmes.

Elle leva les yeux : c'était un écureuil, il était tout contre elle. Son pelage brillait comme le feu.

Il lui demanda :

" Tu veux vraiment voler comme les oiseaux ? Tu veux vraiment avoir des ailes ?  

  Mais tu n'auras plus de bras. Tu ne le regretteras pas ? 

Oh non !    Oh Monsieur l'écureuil, donnez-moi des ailes !

Bien, dit l'écureuil "

et avec sa queue ébouriffée il se mit à caresser les bras de Plume, en disant des mots très doux.

Aussitôt Plume sentit des chatouillements dans ses bras,

et voilà qu'un duvet se mit à pousser

puis bien vite des plumes couleur de feu elles aussi.

Peu après ... elle avait deux belles ailes.

Alors elle partit comme une flèche au-dessus de la forêt voisine.

 

- Grain d'aile -

 

Elle revint sur le toit de sa maison.

Puis repartit.

Elle se grisa de vitesse.

Elle partit si loin que la nuit la surprit.

Epuisée, elle s'endormit au sommet d'un grand arbre.

Un vieil hibou qui habitait là depuis cent ans veilla sur elle toute la nuit.

 

Le lendemain matin un joyeux tapage la réveilla.

C'était tous les oiseaux qui saluaient le soleil levant. 

C'était merveilleux, mais en même temps elle s'aperçut qu'elle avait très faim.

Ses amis prenaient leur petit déjeuner : des graines, des insectes, des vers de terre... beurk....

Elle pensa au café au lait et aux tartines beurrées.

En quelques coups d'aile, elle revint à sa maison.

La fenêtre de la cuisine était ouverte, elle entra par là et se précipita au cou de sa mère.

Hélas, comment lui sauter au cou si on n'a pas de bras ?

et pour manger... sa mère a dû lui donner la becquée, comme à un bébé.

Ensuite elle voulu aller à l'école. Les autres furent un peu étonnés, bien sûr.

Mais quand elle essaya d'écrire, elles se moquèrent d'elle.

Et puis, et puis ... il y avait encore beaucoup d'autres choses qu'elle ne pouvait plus faire.

 

Elle devint toute triste quand elle vit que le petit Pierre faisait semblant de ne plus s'intéresser à elle.

Elle se demanda s'il voudrait encore courir avec elle dans les prés, en se tenant par la main.

Mais justement elle n'avait plus de main.

Et comment allait-elle faire pour chercher des champignons, cueillir des boutons d'or ?

Et comment allait-elle habiller ses poupées, et tricoter des nids pour les oiseaux ?

 

Elle se dit alors que des ailes, quand il ne s'agit pas de voler, ce n'est vraiment pas bien pratique.

Plus elle réfléchissait, plus elle se disait qu'elle voudrait retrouver ses bras.

Alors elle pensa à l'écureuil.

Oui c'est ça : il faudrait le retrouver.

 

Elle retourna vers le grand cèdre,

et justement l'écureuil était là, semblant l'attendre.

 

 

 

- Plumette -

 

 

Elle lui expliqua que...

mais l'écureuil semblait savoir ce qu'elle voulait dire avant même qu'elle le dise.

Il eut un petit sourire.

 

Plume était bien contente, car elle craignait qu'il lui dise,

comme font si souvent les grandes personnes :  " Je t'avais prévenue !"

 

" Tu voudrais bien retrouver tes bras ?

Oh oui Monsieur l'écureuil ! "

Alors il sortit de son épaisse fourrure une petite noisette très particulière

et la lui donna. Plume la croqua, et aussitôt elle sentit ses plumes tomber.

Ses bras réapparurent.

 

Oh... comme elle était contente,

encore plus que la veille , quand elle avait vu des ailes lui venir.

Elle remercia l'écureuil, et, avec précaution, redescendit de l'arbre, branche par branche.

Elle posa enfin le pied sur le sol

et ramassa un petit caillou.

 

Oh que c'est beau, un petit caillou,

dans le creux d'une main.

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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